Vidéo-Photos. Rétro 2019: les évènements marquants de la scène politique marocaine

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Réception du Pape et déclaration commune en faveur de Jérusalem, remaniement ministériel, lancement de la melkisation, retraits à la pelle de la reconnaissance de la rasd et prorogation du mandat de la Minurso, départ à la retraite d’Ilyas El Omari, nommination de la CSMD… voici les évènements qui ont marqué l’année écoulée.

 

Mohammed VI reçoit le Pape

Le roi Mohammed VI a reçu le souverain pontife, le Pape François fin mars 2019. Le souverain avait prononcé, sur l’esplanade de la mosquée Hassan à Rabat, un discours en cette occasion appelant à plus de tolérance entre les trois religions abrahamiques.

Le commandeur des croyants, président du Comité Al-Qods (Jérusalem, en arabe) et chef de l’Eglise catholique se sont unis pour rappeler le caractère spécifique de Jérusalem. Ils ont appelé à «préserver» Jérusalem comme «patrimoine commun des trois religions monothéistes». Les deux hommes soulignent l’«unicité et la sacralité» de la Ville sainte, dans un contexte tendu.

Le roi, accompagné des princes et de princesses, a accueilli le pape François au plais royal de Rabat. Crédit: 2m

Dans l’auditorium de l’Institut Mohammed VI de formation des imams, trois chanteurs de l’Orchestre philharmonique du Maroc (OPM) ont chacun chanté une mélodie relative à l’une des trois religions monothéistes.

Remaniement: quand la montagne accouche d’une sourie

Le roi Mohammed VI a nommé, mercredi 9 octobre, les membres du gouvernement El Othmani dans sa troisième version. Il avait été chargé de fournir des «propositions de profils compétents» par le Souverain lors du dernier discours du Trône qui a donné ses instructions pour constituer un gouvernement réduit. La mission du Chef de gouvernement n’a pas été facile au point où on a craint un nouveau blocage. Finalement, El Othmani a fait du neuf avec du vieux en recrutant six nouveaux ministres. Ce qui a laissé certaines voix croire que la montagne a fini par accoucher d’une souris.

 

Le Gouvernement El Othmani III reçu par le roi Mohammed VI.

Offensive diplomatique en Amérique latine et en Afrique

L’année 2019 a connu une activité intense de l’appareil diplomatique. En Amérique latine, le Sénat brésilien a adopté, en septembre, une motion de soutien à l’initiative d’autonomie. En décembre, la Jamaïque a réitéré sa décision de retrait de la reconnaissance de la «rasd» et le Parlement paraguayen a adopté une résolution d’appui à l’initiative marocaine d’autonomie tandis que le Salvador a appuyé l’intégrité territoriale du Maroc.

En Afrique, le Royaume du Lesotho a décidé de suspendre toutes les décisions et déclarations antérieures relatives au Sahara et à la pseudo-rasd, l’Union des Comores a inauguré un consulat général à Laâyoune. Une représentation diplomatique qui ne sera pas la dernière dans nos provinces du Sud. Le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a déclaré qu’«au moins 4 pays africains» vont ouvrir des consulats à Laâyoune «avant la fin de l’année prochaine».

 

Hirak, confirmation en appel des peines

La Cour d’appel de Casablanca avait confirmé, début avril, les jugements prononcés en premier ressort à l’encontre des accusés du Hirak du Rif et du journaliste Hamid El Mahdaoui. Des peines allant de 20 ans de prison ferme à un an de prison avec sursis avaient été rendues, juin 2018, par la Chambre criminelle du tribunal de première instance. Les inculpés ont été poursuivis de plusieurs chefs d’inculpation, notamment «atteinte à la sécurité intérieure de l’État, tentatives de sabotage, de meurtre et de pillage, réception de fonds, de donations et d’autres moyens matériels destinés à mener et à financer une activité de propagande à même d’attenter à l’unité et la souveraineté du Royaume».

La mère du leader du Hirak du Rif, Nasser Zefzafi, lors d’une manifestation de protestation contre les peines retenues contre les détenus du Hirak.

 

Grâce royale accordée à Hajar Raissouni

La condamnation de Hajar Raissouni et celle des autres prévenus dans le cadre du même dossier a provoqué un tollé auprès des droits-de-l’hommistes, des acteurs de la société civile et des journalistes.

Plusieurs formes de protestation ont été organisées, notamment, par l’AMDH ainsi que d’autres organisations. Le débat sur l’avortement et les libertés individuelles a été relancé, mais également sur l’Etat de droit et le respect de la vie privée. Alors que l’opinion publique dénonçait l’arrestation et la condamnation, le roi Mohammed VI a mis fin à cette affaire intervenue dans un contexte de déliquescence des libertés au Maroc en accordant sa grâce à la journaliste ainsi que son fiancé, Amine Rifaat, et à l’équipe médicale poursuivie dans cette affaire. La journaliste a pu, par la suite, organiser son mariage avec l’activiste des droits de l’Homme soudanais.

Crédit: Fadel Senna/AFP.

 

Peine alourdie à 15 ans de prison pour Taoufik Bouachrine

La chambre criminelle de la Cour d’appel de Casablanca a alourdi, fin octobre dernier, la peine du patron de presse Taoufik Bouachrine en le condamnant à 15 ans de prison pour des violences sexuelles qu’il a toujours niées en dénonçant un «procès politique». Bouachrine, patron du quotidien indépendant Akhbar al-Yaoum, avait été condamné à 12 ans de prison ferme pour «traite d’êtres humains», «abus de pouvoir à des fins sexuelles», «viol et tentative de viol» en première instance, en novembre 2018. La Cour présidée par le juge Lahssen Tolfi, connu pour la sévérité de ses condamnations, a assorti sa peine d’un total de 3,2 millions de dirhams (320.000 euros) d’indemnités pour les huit plaignantes.

Crédit: DR

 

Ilyas Elomary met fin à sa carrière politique:

L’homme fort du deuxième parti politique au Maroc, le Parti authenticité et modernité (PAM), n’est plus qu’un souvenir. Après avoir démissionné du secrétariat général du PAM en mai 2018, il a également quitté le poste de président de la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima en fin septembre. Son départ surprenant a occupé les unes de toute la presse arabophone du lundi 30 septembre. La presse a considéré qu’il «s’est précipité à démissionner avant qu’on ne l’écarte de son poste ».

Crédit: DR

Le PPS quitte le navire gouvernemental

N’appréciant pas le «manque d’inspiration du gouvernement El Othmani» et  le «climat négatif de mésentente qui a marqué les relations entre les composantes de l’exécutif», le Parti du progrès et du socialisme (PPS) a décidé de quitter le gouvernement.

L’ancien allié du PJD de Benkirane, a informé l’opinion publique de sa décision via un communiqué qu’il a publié après des heures de négociations à couteaux tirés.

Le PPS qui a, avec cette décision, évité de se trouver dans une mauvaise posture avec le remaniement qui était éminent.

Crédit: DR

 

Soulaliyates: Ivanka Trump lance la melkisation

Sur instructions royales, le ministère de l’Intérieur a accéléré dès le mois de mai les opérations de conservation foncière des terres soulaliyates pour mieux recenser les bénéficiaires. En août, la Chambre des conseillers a adopté à l’unanimité trois projets de loi relatifs aux terres des communautés soulaliyates.

En visite au Maroc, Ivanka Trump, conseillère du président américain Donald Trump, a procédé début novembre à Sidi Kacem, au lancement d’une campagne d’appui à l’opération de «melkisation» visant l’appropriation des terres soulaliyates dans le cadre de l’Initiative mondiale de développement et de prospérité des femmes (W-GDP). Le même jour, le roi Mohammed VI a offert un dîner en l’honneur de Mme Trump. Celle-ci avait porté une tenue 100% marocaine lors du dîner présidé par la princesse Lalla Meryem.

Modèle de développement: le roi a nommé une commission spéciale

Le roi Mohammed VI, a reçu, mardi 19 novembre à Rabat, Chakib Benmoussa, que le souverain a chargé de la présidence de la Commission spéciale sur le modèle de développement (CSMD). Le souverain a désigné, jeudi 12 décembre, 35 membres qui siégeront au sein de cette commission consultative. La composition de cette commission, qui a tenu sa première réunion le lundi 16, n’a pas été appréciée par les conservateurs et à leur tête l’ancien chef de gouvernement, Abdalilah Benkirane, qui l’a fortement critiqué. La CSMD devra rendre sa copie en juin 2020, date butoir pour rendre le rapport au roi Mohammed VI.

Chakib Benmoussa avec Mehdi Gaouane, un cadre détaché du ministère des Affaires étrangères qui chapeautera le noyau dur de cette commission.