Présidentielle au Sénégal: 15 candidats réclament l’élection avant la fin du mandat de Sall

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Présidentielle: 15 candidats réclament l'élection avant la fin du mandat de Sall
Des groupes de la société civile et des groupes politiques brandissent des pancartes alors qu'ils défilent pour appeler les autorités à respecter la date des élections, le 17 février 2024 à Dakar. © John Wessels / AFP

Quinze des 20 candidats retenus en janvier pour la présidentielle sénégalaise réclament que l’élection ait lieu au plus tard le 2 avril, en pleine crise politique et en plein flou sur la date du scrutin.

Les Sénégalais, qui devaient voter dimanche prochain, ignorent quand ils se rendront aux urnes après une séquence inédite depuis l’indépendance, au cours de laquelle le président sortant Macky Sall a décrété le report de l’élection et le Conseil constitutionnel a invalidé sa décision.

Cet enchaînement a déclenché une nouvelle et vive querelle sur la tenue de la présidentielle avant ou après le 2 avril, expiration officielle du mandat du président Sall. La dispute porte aussi sur une reprise à zéro, ou non, du processus qui avait vu le Conseil constitutionnel homologuer 20 candidatures en janvier.

Les noms de 15 des 20 concurrents alors retenus figurent au bas d’un communiqué consulté lundi par l’AFP et disant que « la nouvelle date du scrutin de même que celle de la passation de service entre le président et son successeur doivent se tenir au plus tard le 2 avril ». Deux des signataires ont authentifié le document auprès de l’AFP.

Les candidats assurent que la liste des 20 candidatures entérinées en janvier est intangible.

Le président Sall a dit vendredi son intention de respecter la décision du Conseil constitutionnel et de mener « sans tarder les consultations nécessaires pour l’organisation de l’élection présidentielle dans les meilleurs délais ».

La présidence est restée muette jusqu’alors sur l’ouverture éventuelle de discussions.

Les candidats constatent « avec amertume que depuis la décision du Conseil constitutionnel aucun acte n’a été posé par les autorités dans le sens d’exécuter celle-ci ».

Le texte porte les noms de certains des principaux concurrents, dont l’ancien maire de Dakar Khalifa Sall et le candidat anti-système Bassirou Diomaye Faye. Il ne comporte pas celui du Premier ministre Amadou Ba, candidat du camp présidentiel, ni des ex-chefs de gouvernement Idrissa Seck et Mahammed Boun Abdallah Dionne.

L’une des deux candidates retenues par le Conseil constitutionnel en est également absente. Gynécologue active auprès de la société civile, Rose Wardini a annoncé lundi devant la presse se retirer de la course en raison d’informations sur sa double nationalité franco-sénégalaise. La Constitution exige une citoyenneté exclusivement sénégalaise pour concourir à la présidentielle.

Mme Wardini a également réclamé de son côté que l’élection ait lieu avant le 2 avril.

Karim Wade, ancien ministre et fils de l’ex-président Abdoulaye Wade, a été disqualifié par la Cour constitutionnelle en raison de sa double nationalité française et sénégalaise. Les contestations de M. Wade et ses accusations de corruption contre deux juges de la Cour constitutionnelle ont servi au camp présidentiel à justifier le report de l’élection.

Le camp présidentiel et celui de M. Wade se sont alliés à l’Assemblée nationale pour voter l’ajournement de l’élection au 15 décembre. Avec l’invalidation du report par la Cour constitutionnelle, la candidature de M. Wade paraît fortement compromise.

La coalition qui le soutient a paru lundi placer ses espoirs dans la concertation promise par le président Sall et ne pas renoncer à une éventuelle victoire de M. Wade.

La coalition entend « participer pleinement au dialogue national » qui doit se tenir « sans délai », a dit devant la presse Amadou Lamine Thiam, président du groupe parlementaire des élus pro-Wade.

Il a affirmé que M. Wade, qui vit en exil depuis plusieurs années, rentrerait bientôt au Sénégal et a demandé à ses partisans de lui réserver « un accueil populaire sans précédent » en vue de sa « brillante victoire » à la présidentielle.

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