Maroc-Algérie: le dérapage va-t-en guerre de Forbes

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Le célèbre magazine américain Forbes a mis les pieds dans le plat en évoquant le probabilité d’un conflit entre le Maroc et l’Algérie, comparant le déroulé de ce dernier et les capacités des deux futurs « belligérants » à l’offensive dans le Haut-Karabakh de l’Azerbaïdjan contre l’Arménie.

« Le Maroc a acheté des armes israéliennes et turques qui ont permis à l’Azerbaïdjan de l’emporter sur l’Arménie ». C’est ainsi que Forbes a choisi de titrer et d’approcher la « possibilité » d’une guerre entre le Maroc et l’Algérie, notant que les récentes acquisitions par le Maroc d’armes israéliennes et turques ressemblent « étrangement » à celles de l’Azerbaïdjan dans les années qui ont précédé la deuxième guerre du Haut-Karabakh qui l’a opposé à l’Arménie à la fin de l’année 2020.

« Le pays nord-africain espère peut-être que ces armes lui permettront de s’imposer de la même manière dans une éventuelle confrontation avec l’Algérie au sujet du Sahara occidental », devine par ailleurs l’auteur de l’article.

S’attardant sur la victoire éclair, la semaine dernière, des forces azerbaïdjanaises contre l’armée araméenne, Forbes souligne que ces affrontements « ont une fois de plus démontré comment l’Azerbaïdjan utilise à son avantage l’armement de haute technologie fourni par Israël« .

Le magazine new-yorkais rappelle, à ce propos, qu’en 2020 déjà, les forces armées azerbaïdjanaises avaient utilisé les mêmes drones kamikazes, de fabrication israélienne, IAI Harop, pour remporter une victoire décisive contre les Arméniens.

« Les munitions de flottement azerbaïdjanaises Harop ont détruit des missiles de défense aérienne arméniens S-300 à l’intérieur de l’Arménie. Un missile Barak 8 azerbaïdjanais de fabrication israélienne a abattu un missile balistique à courte portée Iskander arménien de fabrication russe. Un missile LORA a détruit un pont et, enfin, des drones armés Bayraktar TB2 fournis par la Turquie ont dévasté les forces terrestres arméniennes », détaille-t-il.

Forbes met en avant le fait que le Maroc a acquis tous ces systèmes au cours des années qui ont suivi cette guerre dans le Caucase du Sud, à l’exception du LORA, un missile quasi-balistique développé par Israel Aerospace Industries.

« Rabat a récemment reçu sa première livraison de systèmes israéliens Barak MX qu’il a commandés dans le cadre d’un accord de 500 millions de dollars conclu en 2022″, au moment que le ministère de la défense azerbaïdjanais a révélé que l’armée avait détecté et détruit avec succès un missile balistique lancé par un ennemi à l’aide d’un Barak 8 ER (extended range) qu’elle avait préparé pour le combat.

Plus performant que le Barak 8, le système Barak MX, détenu par le Maroc, est de nos jours la fine fleur des systèmes de défense aérienne. Il est le seul à employer des lanceurs intelligents unifiés transportant des intercepteurs à courte, moyenne et longue portée.

« Le Maroc a acquis la technologie israélienne des drones pour la première fois en 2014, lorsqu’il a reçu trois drones Heron. Depuis qu’il a normalisé ses liens avec Israël dans le cadre des accords d’Abraham, il a également acheté des Harop et d’autres drones israéliens en bien plus grand nombre », explique-t-on de même source.

Forbes revient un peu plus loin sur la commande marocaine d’au moins 19 drones turcs TB2 en deux lots au cours de la même période. « Il semblerait qu’il soit également intéressé par l’acquisition du drone turc Akinci, beaucoup plus grand et plus sophistiqué, qui dispose de capteurs avancés et peut transporter des quantités de munitions beaucoup plus importantes que son prédécesseur TB2″, relève-t-il.

« Ces drones ont changé la dynamique du conflit du Sahara occidental, gelé depuis longtemps. Comme pour le conflit du Haut-Karabakh, qui est resté en sommeil pendant plus de 20 ans après la première guerre qui s’est terminée en faveur de l’Arménie en 1994, le conflit du Sahara occidental entre le Maroc et le mouvement du Front Polisario est resté gelé depuis le cessez-le-feu de 1991 », écrit le magazine US, soulignant que « cela commence à changer, principalement grâce à ces drones ».

Comparaison n’est pas raison

S’essayant une fois de plus à un étrange parallèle entre la guerre opposant l’Arménie à l’Azerbaïdjan avec l’éventualité d’un conflit maroco-algérien, Forbes estime que « si cela se produit et entraîne des affrontements entre le Maroc et l’Algérie, Rabat pourrait compter sur l’imitation de l’approche combinée de l’Azerbaïdjan en utilisant ces mêmes systèmes avancés à des fins défensives et offensives ».

« Un tel scénario pourrait inclure des Harop ciblant les défenses aériennes algériennes, des TB2, et éventuellement des Akincis, frappant les forces terrestres algériennes près de la frontière, et des systèmes Barak interceptant les missiles algériens », préconise le magazine fondé en 1917, réputé pour ses classements publiés annuellement.

S’agissant de l’Algérie, Forbes affirme que « comme dans le cas de l’Arménie, les forces armées algériennes sont principalement composées de matériel militaire russe, bien que des variantes plus modernes soient utilisées dans de nombreux cas ».

Et de conclure que « bien qu’il ne soit pas certain que le Maroc pourrait imiter avec succès la stratégie et la victoire globale de l’Azerbaïdjan en 2020, Rabat a sans aucun doute pris note de ce conflit dans la mesure où il pourrait bien avoir influencé la plupart, sinon la totalité, de ses choix en matière d’acquisition ».

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