Vidéo. Affaire CopyComic: de nouveaux témoignages accablent Gad Elmaleh

L’hebdomadaire Society publie une enquête fouillée sur l’humoriste accusé à plusieurs reprises de plagiat. Elle a été menée du Canada au Maroc en passant par Marseille où un comique revendique la paternité du célèbre sketch «Le Blond».

Onze pages. Des reportages avec des témoins à visage découvert à Montréal, Casablanca, Los Angeles, Marseille et Paris. Signée Victor Le Grand, Antoine Mestres avec Ambre Chalumeau et Raphaël Malkin, l’enquête fouillée sur Gad Elmaleh titrée «Gad et le malaise» et parue ce jeudi 11 juillet dans le magazine Society va décevoir les fans l’humoriste.

Évidemment, son talent et sa carrière ne peuvent être résumés à des emprunts ici et là. Ce serait terriblement injuste. Aucun autre humoriste français ne peut se targuer d’avoir autant donné envie aux Français de pousser la porte des salles de spectacles. Aucun autre humoriste n’a osé repartir de zéro aux États-Unis en y réussissant comme Gad Elmaleh l’a fait. Mais voilà. Outre le côté peu glorieux du plagiat, il a fait une erreur majeure de communication.

 

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Au lieu de s’empêtrer dans les démentis en espérant qu’aucun journal ne prendrait le temps d’enquêter dans plusieurs pays comme l’a fait Society, il aurait fallu faire amende honorable tout de suite. Pour s’en rendre compte, il aurait fallu rester «proche du terrain». Bien entendu à son niveau de notoriété, il ne peut plus prendre le métro. Mais vivre dans le plus grand confort entre Paris, Monaco, New York et Los Angeles n’aide pas. Les jets privés au Bourget non plus.

Le vrai père du Blond, c’est lui

Ses ennuis ont vraiment commencé début 2019. Tenue par un anonyme qui se fait surnommer Ben, la chaîne YouTube CopyComics publie une compilation des sketchs de Gad Elmaleh. «Elle a fait l’effet d’une bombe (…) car Elmaleh fait figure de patron de l’humour français», lit-on dans Society. Pour la première fois, dans ce petit milieu, les paroles se délient. Comme celle de Kamel Bennafla, humoriste marseillais aujourd’hui âgé de 62 ans. Dans le magazine, il déroule son histoire.

 

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Le Blond, ce personnage emblématique de Gad Elmaleh, celui qui fait tout mieux que tout le monde, c’est lui qui l’a créé à la fin des années 90. À l’époque sur le Vieux Port, il est une star et Gad Elmaleh un jeune humoriste. Lors d’une émission de radio animée par Tex, Gad Elmaleh demande à Bennafla une copie de la bande pour progresser. Des années plus tard, Bennafla joue son sketch à Toulon et le public lui signale que ce sketch appartient à Gad Elmaleh. «J’ai tout de suite compris mais j’ai gardé mon calme», se souvient-il.

À Los Angeles, le témoignage de Kelly Carlin est tout aussi vertigineux. Son père George Carlin, décédé en 2008, est l’un des grands humoristes américains. C’est en recevant un courriel avec la video de CopyComics qu’elle est tombée à la renverse. De Gad Elmaleh, elle ne prononce jamais le nom. Elle dit «ce monsieur». Et d’enchaîner: «Qu’une personnalité du calibre de ce monsieur, célèbre et reconnu, se permette de voler, mot pour mot, un bout de l’œuvre de mon père sans avoir le moindre scrupule, le moindre regret, est ahurissant.»

LeFigaro a demandé à Gad Elmaleh de réagir à l’article de Society. Pour l’instant, pas de réponse. Une chose est sûre: s’il en a la force et le courage, tout ce qui vient de se passer fournirait une excellente matière pour son retour sur scène.