Younes Boumehdi: "Les nouvelles chaînes seront lancées fin 2019"

La Haute Autorité de la Communication Audiovisuelle (HACA) a donné ce jeudi son aval pour le lancement de deux télévisions satellitaires et d’une radio hertzienne multirégionale. Entretien avec Younes Boumehdi, patron de Hit Radio, pour en savoir plus sur ces nouvelles chaînes.
 
H24 Info: Est-ce que c’est un projet que vous avez en tête depuis longtemps ?
Younes Boumehdi: La première demande date de 2009 pour les télévisons, en réalité cela fait partie d’un projet de bouquet de 5 chaînes de télévision qu’on voudrait lancer à la fin de l’année 2019. Et pour lesquels on a obtenu aujourd’hui deux premières licences, on a les trois autres dossiers qui seront déposés à la HACA pour les trois autres chaînes.
 
Et dans le détail, ces chaînes seront adressées à qui et quand ?
Ce sont des chaînes thématiques: dessins animés, documentaire, cuisine, musicale et sports extrêmes. Une radio multirégionale du sud (d’Agadir, Ouarzazate, Rachidia jusqu ‘à l’extrême sud) qui sera la chaîne de la région sud et qui mettra en avant et en valeur les musiques de la région. Cette radio sera en amazigh et en hassani. J’ai une chaîne du nord (Cap Radio), il me manquait une chaîne dans le sud donc voila qui est fait (rires). La radio sera lancée d’ici fin octobre, on va commencer un déploiement à ce moment là, ce sera étalé sur quelques mois, il y a environ 30 fréquences. On va allumer les premiers relais d’ici fin octobre.
Les chaînes de télé seront lancées fin 2019. Nous n’allons pas produire nous-mêmes le contenu de la chaîne de documentaires. On va d’abord acheter du contenu déjà existant et progressivement identifier les producteurs qui vont faire des programmes spécifiques pour la chaîne.
 
On dit que le marché publicitaire est saturé, ne craignez vous pas que les annonceurs ne suivent pas ?
Le marché de la publicité en télévision c’est un budget d’un milliard de dirhams nets, il y a à peu près 750 millions captés par 2M, il y a 200 et quelques par la SNRT et le reste se partage entre Medi1 et les chaines satellitaires. Nous faisons le pari qu’avec des offres ciblées cela attirera les annonceurs. On aborde le marché de manière raisonnée, ça reste des chaînes thématiques extrêmement ciblées, ce ne sont pas des cha$ines généralistes, ce ne sont pas des chaines avec des coûts de grille démesurés, donc c’est davantage adapté à la taille du marché publicitaire. Et en parallèle quand on regarde le marché publicitaire en radio, ce dernier arrive peut être à des niveaux de saturation, mais il a quand même progressé pendant dix ans et s’est multiplié par trois. Mais c’est vrai qu’il ne progresse plus aujourd’hui. En radio c’est possible mais en télévision c’est un marché d’offres, donc probablement en développant de nouvelles chaînes, avec une offre attractive extrêmement ciblée on pourra peut être intéresser les annonceurs. Mais encore une fois ce sont des paris sur l’avenir que l’on fait. Quand on voit Buzzef Tv, Télé Maroc ou Chada TV, maintenant on s’aperçoit qu’ils n’ont pas encore trouvé ni leur public, ni les annonceurs. Ils ont peut être participé à l’intérêt des annonceurs sur des chaînes comme ça, on espère, nous avec des chaines un peu différentes qu’on captera l’intérêt des annonceurs.
 
Sur quel canal pourront nous capter ces chaînes ? Comment vous est venue l’idée de vous lancer dans la télévision ?
Nous serons d’abord sur Internet et sur Nilesat. Il y aura trois canaux, les gens choisiront la langue qu’ils veulent. L’idée est venue en partant du constat qu’il y avait un manque, il y a aujourd’hui beaucoup de personnes qui regardent la télé contrairement à ce que l’on pourrait penser. Quand on regarde le satellite le plus consommé au Maroc qui est Nilesat, je suis personnellement un peu frustré de voir que les chaînes pour enfants sont essentiellement des chaînes du Moyen-Orient qui placent la femme dans des situations un peu particulières. C’est leur culture qu’ils mettent en avant et aujourd’hui on a toute une génération de gamins qui sont postés devant leurs téléviseurs devant ces chaînes satellitaires et qui voient souvent la femme dans la cuisine, cela m’a un peu frustré. Pour les documentaires, pareil, il y a plein de choses qu’on peut valoriser et mettre en avant. On essaye de proposer une alternative, sur ces satellites là et qui permettrai au plus grand nombre de regarder du contenu aussi marocain qui puisse les intéresser.