Affaire Hamieddine: prolongement des délibérations jusqu'au 1er octobre

à 17:45

La Cour d’appel de Fès a décidé, ce mardi, de prolonger la durée de ses délibérations concernant les vices de forme et les nullités soulevés par la défense de Abdelali Hamieddine jusqu’au premier octobre.

 

Après huit mois d'audiences, le procès du dirigeant du PJD s’approche de sa fin. En effet, suite aux dernières plaidoiries des avocats des deux parties, à savoir ceux de Hamieddine et ceux de la famille Aït El Jid, la Cour d’appel de Fès concernant les vices de forme soulevés par la défense du dirigeant PJDiste au premier jour d’octobre. Elle a également décidé qu’en cas de refus de ces nullités qu’elle poursuivra les audiences de ce procès le 3 décembre prochain.

L’audience de ce mardi s’est déroulée sous haute surveillance sécuritaire afin d’éviter des affrontements entre les membres de la famille de Benaissa Aït El Jid, l’étudiant de gauche assassiné en 1993, et ses camarades venus les soutenir d’un côté et les proches de Hamieddine et des membres de la mouvance islamique de l’autre.

 

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Principal accusé dans cette affaire, Hamieddine nie en bloc les chefs d’accusation qui ont été retenus contre lui, notamment, le meurtre par préméditation.

Le conseiller du PJD, qui avait été condamné en 1993 à deux ans de prison qu’il a purgés, avait obtenu réparation en 2004 de la part de l’Instance équité et réconciliation(IER), pour «torture subie lors de son arrestation».

Cela fait des années qu’il ne cesse de plaider son innocence en mettant en avant le principe de l'autorité de la chose jugée (res iudicata). Dit autrement, «la conséquence juridique d'un jugement entré en force n'est plus susceptible de voie de recours (Non bis in idem)». L’autorité de la chose jugée lie, normalement, les parties et tous les tribunaux et les empêche de trancher à nouveau sur le même objet du litige.

Or, la Chambre criminelle d’appel près la Cour d’appel de Fès en a jugé autrement après l’apparition d’un nouveau témoin qui s’appelle El Khammar Haddioui. Elle a donc rouvert le dossier de l’assassinat de l'étudiant Mohamed Ait El Jid, dans les alentours de l’université Dhar El Mahraz, 25 ans après les faits.

 

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« Le témoin n’a jamais cité  Hamieddine dans 12 témoignages précédents dans le cadre de la même affaire », a affirmé le Président du groupe à la Chambre des conseillers, Nabil Chikhi, dans une déclaration à la presse en marge de l’audience. « Comment se fait-il qu’il vienne de se rappeler que Hamieddine était impliqué dans ce meurtre ? », s’est-il indigné en affirmant qu’il a « la pleine confiance que la justice saura rétablir l’ordre dans cette affaire ». Chikhi était également accompagné de plusieurs dirigeants du parti islamiste, notamment, le Président de la région Rabat-Salé-Kénitra, Abdessamad Sekkal.

 

A noter, par ailleurs, que la même Cour a condamné hier lundi quatre membres du PJD dans le cadre de la même affaire. Ladite juridiction a reconnu coupables de «participation à un meurtre avec préméditation» Taoufiq Ngadi et Abdelouahed Kriouel. Ils ont écopé de trois ans de prison ferme tandis Abdelkebir Kassem et Abdelkebir Ajili ont été condamnés à trois mois de prison assortis d’une amende de 1000 DH chacun pour « coups et blessures à l’arme blanche ».