Rétro 2018. Une croissance en berne et un modèle de développement à bout de souffle

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En 2018, le Maroc a pu tenir les équilibres fondamentaux de l’économie nationale, mais la croissance se fait toujours attendre. En cause, l’essoufflement du modèle économique de façon globale, l’inefficacité du plan d’accélération industrielle, la formation professionnelle en complète inadéquation avec le marché de l’emploi, sans oublier une mauvaise répartition des investissements à l’ère de la régionalisation avancée. Voici un tour d’horizon de l’économie marocaine en 2018.

Boycott: quand le consommateur reprend la main

En avril dernier, trois marques de grande consommation (stations Afriquia, Sidi Ali et lait Centrale Danone) ont fait l’objet d’un mouvement de boycott pour protester de la cherté de la vie. Ces sociétés ont été frappées de plein fouet par les conséquences de ce mouvement qui s’est estampillé progressivement avant de disparaître.

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Hydrocarbures: la surchauffe persiste

Depuis leur libéralisation totale, les prix à la pompe du gas-oil ont poursuivi leur tendance haussière, s’approchant ainsi de la barre des 10 dirhams à fin mai 2018 contre 7 dirhams au début de 2016, estime le HCP. La décompensation aura été un échec total, source de plusieurs grèves des transporteurs.

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Chômage des jeunes: l’équation insolvable

Crédit: DR

Le taux de chômage a dépassé 10% en 2017 au Maroc, malgré une croissance favorable, et atteint plus de 42% parmi les jeunes en milieu urbain. Portée par une croissance de 4% contre seulement 1,2% en 2016, l’économie marocaine a créé l’an dernier 86.000 postes d’emploi. Mais, dans le même temps, 135.000 personnes sont arrivées sur le marché du travail, soit un différentiel de 49.000.

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L’agriculture: la terre sauve la mise

La campagne agricole a enregistré des résultats exceptionnels qui dépassent largement les objectifs avec une production céréalière record de 103 millions de quintaux, ainsi qu’un excédent de production des agrumes au point que les oranges n’ont pas trouvé preneur. Quant aux olives un nouveau record de production qui dépasse 2.000.000 tonnes a été réalisé, soit une hausse de 41.6% par rapport à la moyenne de production des olives des cinq dernières années.

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Saham-Sanlam: le deal du siècle

C’est l’opération la plus juteuse réalisée par un opérateur économique au Maroc. Saham Group a cédé son pôle assurances, Saham Finances, au géant sud-africain Sanlam. Montant de l’acquisition: 1,05 milliard de dollars. Les 35 compagnies d’assurance que compte le holding marocain dans 26 pays passent désormais sous la bannière de Sanlam, leader continental avec une capitalisation boursière de 16 milliards de dollars. La grande question qui passionne le monde des affaires : où Moulay Hafid Elalamy compte-t-il placer ce pactole.

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Al Boraq: l’ONCF remise sur les rails

Image d’illustration. Crédit: DR.

Inauguré le 15 novembre, le premier TGV de l’Afrique baptisé Al Boraq, relie Tanger à Casablanca en 2h10 contre 5h auparavant. Il devient le nouveau vaisseau amiral du développement du réseau ferroviaire au Maroc grâce à des extensions grande vitesse prévues entre  Casablanca-Fès et Casablanca-Marrakech. L’entrée en fonction de la LGV entraîne également dans son sillage la restructuration de l’ONCF qui va se recentrer sur son cœur de métier, à savoir le transport des voyageurs, des marchandises et l’exploitation du réseau ferré. L’ONCF possède une douzaine de filiales dans différentes activités (Mamounia). La vente de ses filiales où leur ouverture de capital permettra alors une « optimisation fiscale », en vue de transformer l’Office en société anonyme. L’ONCF deviendra alors la SMCF (Société Marocaine des Chemins de Fer).

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