Vidéo. Double identité, hasard de l’humour, projet capillaire… Djamil le Shlag se raconte

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L’humoriste franco-marocain Djamil le Shlag était pour la première fois en tournée au Maroc pour son dernier spectacle « Premier round ». Sa double identité, ses thèmes de prédilection, son arrivée « par hasard » dans le monde de l’humour… Djamil le Shlag se raconte. 

« Je suis content parce que j’ai quitté le tiers-monde », déclare ironiquement l’humoriste au début de son spectacle, en écho à l’actualité en France, notamment la pénurie de carburant. Dès les premières minutes, le public est conquis. « J’ai compris qu’on allait passer une très bonne soirée », confie Djamil le Shlag au sortir de sa scène de Casablanca, deuxième date (après Marrakech le 20 octobre) de sa tournée au Maroc où il joue pour la première fois.

L’humoriste franco-marocain originaire de Marrakech, ayant grandi en Auvergne, enchaîne alors une série de sketchs liés au vécu d’un MRE en France: route du bled, première expérience au hammam de Douar Coucou, mais aussi traitement médiatique de l’islam sur les chaînes françaises, « schizophrénie identitaire »…

A ce propos, Djamil le Shlag vit sa double identité « davantage comme une force ». Alors que l’une des problématiques récurrentes des MRE est de se sentir étranger de part et d’autre, l’artiste au contraire explique qu’on lui a toujours rappelé, de chaque côté, au Maroc qu’il était marocain, en France qu’il était français. Sur cette question d’identité, il interprète également un sketch très drôle, très marivaudien sur les codes sociaux en banlieue parisienne et dans la capitale.

A 39 ans, Djamil le Shlag se souvient de ses débuts dans l’humour il y a une dizaine d’années, « par hasard », lors d’une scène ouverte à Paris, lancée comme un défi par un ami. Après ce succès, il décide de continuer dans cette voie, les bides se succèdent mais il travaille dur. Il passe par le Jamel Comedy Club et intègre en tant que chroniqueur pendant trois saisons l’émission « Les 30 Glorieuses » sur Radio Nova, avec son confrère Yassine Belattar.

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Interrogé sur l’idée d’un « humour colonial » pratiqué par certains humoristes et dénoncé par son compagnon de blagues, Djamil le Shlag commente: « Dire des vannes ne fait pas d’eux des mauvaises personnes. J’ai parfois pu aussi vexer certains mais c’est le risque du métier ».

« Ce qui est important, c’est de toujours se remettre en question avec humilité, se demander pourquoi on n’a pas été marrant. Ce n’est pas forcément du à la susceptibilité de l’autre, c’est peut-être ma blague qui n’était pas drôle. Il faut bien travailler ses textes. Après, il y en aura toujours qui ne seront pas contents. Mais ce sont les commentaires d’internet ça, moi ce qui m’intéresse, c’est la scène », abonde l’humoriste.

Depuis septembre 2021, il décline chaque semaine sur la radio France Inter une chronique humoristique, décalée et parfois absurde, sur l’actualité française. On le reconnaît par son phrasé singulier, cadencé, ponctué de joyeuses répétitions et qui captive l’auditeur. Un ton qui lui est « venu un peu naturellement et très vite ». « Au début, cela me faisait rire moi-même [de parler ainsi], je me suis dit que ça pourrait faire rire les autres, et en effet, le décalage a séduit », constate l’auteur, toujours coiffé d’un béret à l’envers.

L’adoption de cet accessoire résulte de l’absence de « projet capillaire », réagit Djamil le Shlag avec humour: « Ça sort, ça va à droite, à gauche, j’essaye de leur parler… Donc je me suis dit, je vais mettre un béret. Je trouve que c’est pas mal. Il y a un petit côté look des années 1990 à la Boyz II Men ou Che Guevara si on a des références un peu plus politiques ».

Côté projets, Djamil le Shlag ambitionne de jouer son spectacle en Belgique, en Suisse, et revenir au Maroc, notamment à Rabat, ainsi que dans le reste du Maghreb et en Afrique subsaharienne francophone. Et surtout « la paix intérieure, c’est le plus important », conclut l’artiste.

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