Algérie: premières libérations de détenus du « Hirak » après une grâce présidentielle

149
(Photo by RYAD KRAMDI / AFP)

Une dizaine de prisonniers du « Hirak » ont été libérés vendredi après une grâce accordée par le président Abdelmadjid Tebboune, à la veille du 2e anniversaire du soulèvement de ce mouvement antirégime, selon des défenseurs des droits humains.

Le Comité national de libération des détenus (CNLD) a fait part sur Facebook de la libération d’une dizaine de prisonniers. D’autres sont attendues vendredi.

Selon le militant Zaki Hannache, engagé dans la défense des prisonniers d’opinion, ces libérations ont notamment eu lieu dans les wilayas (préfectures) de Bordj Bou Arreridj, Tebessa, M’sila (est), Saïda (ouest), ainsi que dans le Sud, à Tamanrasset et Adrar.

Jeudi, dans un discours à la Nation très attendu, M. Tebboune a annoncé une grâce présidentielle en faveur de dizaines de détenus du « Hirak », un geste d’apaisement à l’égard du mouvement de protestation.

« En tout, entre 55 et 60 personnes rejoindront à partir de ce soir ou demain leurs familles », a-t-il promis, en référence aux personnes graciées, sans divulguer de noms.

Un tweet de la présidence algérienne a précisé que la mesure concernait les « auteurs de crimes liés aux technologies de l’information et de la communication ».

 

Lire aussi: Procès Gourdel à Alger: peine de mort pour le principal accusé

 

algériealgérieSelon le CNLD, quelque 70 personnes sont actuellement en prison en lien avec le « Hirak » et/ou les libertés individuelles. Des poursuites fondées dans au moins 90% des cas sur des publications critiques envers les autorités sur les réseaux sociaux.

Devant la prison de Koléa, à l’ouest d’Alger, militants, journalistes et familles se sont réunis vendredi matin pour attendre les détenus libérés. Parmi les prisonniers de Koléa figure le journaliste Khaled Drareni, devenu le symbole du combat pour la liberté de la presse en Algérie, condamné à deux ans de prison en septembre.

L’initiative du président Tebboune survient à la veille du deuxième anniversaire du « Hirak », le 22 février 2019, qui a forcé l’ex-homme fort Abdelaziz Bouteflika à quitter le pouvoir en avril 2019.

Le mouvement continue d’exiger le démantèlement du « système » politique en place depuis l’indépendance de l’Algérie en 1962.

Des appels à manifester lundi dans tout le pays circulent sur les réseaux sociaux.

Des milliers d’Algériens s’étaient déjà rassemblés mardi à Kherrata (est), considérée comme le berceau du soulèvement, pour réclamer « la chute du régime » et « la libération des détenus d’opinion ».