Après le service militaire obligatoire, le vote obligatoire?

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Le Ministère de l’Intérieur étudie sérieusement l’application du vote obligatoire dès les prochaines élections législatives. Des concertations avec certains chefs de partis ont été menées pour tâter le pouls.

Craignant une montée de l’abstention lors des prochaines élections, le ministère de l’Intérieur s’est entretenu avec quelques dirigeants de partis politiques sur la possibilité d’imposer le vote aux élections de 2021.

En effet, le département piloté par Abdelouafi Laftit a tenu, durant les dernières semaines, des réunions dans l’objectif de débattre avec les acteurs politiques de la question du vote obligatoire qui refait surface durant chaque année électorale. Il s’agit de «consultations préliminaires», a indiqué un responsable gouvernemental au site d’information Hespress.

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La même source précise qu’aucune décision n’a été prise dans ce cadre et que le ministère de l’Intérieur «n’a pas encore préparé de projet de loi obligeant les Marocains à voter» notant que «c’est prématuré».

Un autre responsable a admis que la crainte de l’Etat lors des prochaines élections est le boycott électoral qui prend de l’ampleur d’une élection à une autre.

Faible participation des jeunes

A rappeler que les partis de l’Istiqlal et de l’USFP avaient présenté en 2014 un projet de loi avec des sanctions coercitives. Ledit projet prévoyait des amendes allant jusqu’à 500 dirhams pour ceux qui font le choix de ne pas voter.

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L’examen d’une mise en application du vote obligatoire intervient après que les statistiques aient révélé que la participation des jeunes Marocains aux dernières élections dans les grandes villes n’avait pas dépassé 20% et qu’environ 70% des jeunes ne faisaient pas confiance aux partis politiques. Notons dans ce sens le faible taux de participation lors des législatives de 2016 qui n’a pas dépassé 43% (6.750.000/16 millions), selon les statistiques de l’Intérieur.

A présent, la question divise l’opinion publique entre ceux qui y voient un remède permettant un regain de confiance en le processus électoral et démocratique en général et ceux qui y voient une limitation de la liberté d’opinion.