Addis-Abeba: le discours du roi Mohammed VI au 29e Sommet de l’UA

236
Dans un discours prononcé par Moulay Rachid aujourd’hui à au 29e sommet de l’Union africaine (UA) qui se tient à Addis-Abeba, le roi Mohammed VI a souligné la détermination du Maroc à contribuer à l’émergence d’une Nouvelle Afrique.

« Pour définir cette nouvelle Afrique, il convient de s’affranchir de toute illusion, de rejeter les chimères. La Nouvelle Afrique que nous appelons de nos vœux doit au contraire s’appuyer sur une vision concrète et pragmatique, apte à faire naître une Afrique conquérante et solidaire », a affirmé le roi Mohammed VI dans un discours adressé au 29ème Sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union Africaine qui a ouvert ses travaux lundi à Addis-Abeba.

« L’Afrique est à la croisée des chemins et il nous incombe de choisir la bonne voie pour son émergence », a insisté le roi dans ce discours délivré par le prince Moulay Rachid qui représente le souverain à ce sommet.

Le souverain constate qu’à cette heure, les défis auxquels est confronté notre continent prolifèrent: multiplication des acteurs non-étatiques donnant lieu à de nombreuses zones grises, menaces du terrorisme transnational et de l’extrémisme violent et impacts du réchauffement climatique.

Face aux nouvelles menaces qui guettent le continent, Mohammed VI a souligné la nécessité que l’UA entame sa mue, afin d’apporter des réponses adéquates et appropriées.

« Pour ce faire, il est, à notre sens, fondamental que les Etats africains se fixent des objectifs réalistes et pragmatiques, basés sur les priorités réelles du Continent. L’Afrique n’a plus besoin de slogans idéologiques, elle a besoin d’actions concrètes et résolues dans les domaines de la paix, de la sécurité et du développement humain », a affirmé Mohammed VI.

Tout en assurant que « le Maroc a foi dans la capacité de l’Afrique de se renouveler et d’impulser son propre élan », le souverain a relevé que les limites de la coopération classique Nord-Sud pour relever le défi de l’émergence étant évidentes, « l’Afrique doit faire un plus grand usage de la coopération interafricaine, ainsi que de partenariats stratégiques et solidaires entre pays frères ».

A cet égard, le roi Mohammed VI a relevé que le sommet de l’UA « nous offre l’occasion de souligner l’engagement à la fois, sincère, responsable et indéfectible de nos pays, au service des causes et des intérêts du continent africain ».

« Dès que le royaume siégera de manière effective, et qu’il apportera sa contribution à l’agenda des activités, son action concourra, au contraire, à fédérer et à aller de l’avant », a assuré le roi qui considère que l’UA doit être aujourd’hui un instrument au diapason des enjeux de notre Continent.

« Plus que jamais, elle doit être en phase avec les défis du moment », a insisté le roi, notant que l’émergence de l’Afrique passe par une refonte de ses institutions continentales, refonte qui permettra de répondre pleinement et impérieusement aux enjeux qu’elle doit relever.

Pour Mohammed VI, la réforme de l’Union Africaine constitue en effet un chantier important, dans lequel le Maroc s’investira aux côtés de ses pays frères.

« Notre famille institutionnelle doit évoluer vers une plus grande efficacité et une rationalisation de l’organisation panafricaine, afin d’être en phase avec les attentes des populations africaines », a affirmé le souverain, partant de la conviction que « plus que jamais, une vision transformatrice de l’Union Africaine est nécessaire ».

Et d’ajouter que « Nous avons toujours été convaincus que l’Afrique peut transformer ses défis en authentique potentiel de développement et de stabilité. Sa croissance démographique, ses institutions, la migration et la jeunesse constituent des opportunités qu’il nous incombe collectivement de saisir ».