Vidéo. Ligue des Champions: le Wydad et Garrido font sensation

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Crédit: AFP.

Le Wydad de Casablanca a enfin chassé le signe indien contre les clubs tunisiens, en surclassant avec brio l’Etoile de Sahel (2-0) en quart de finale aller de la Ligue des Champions de la CAF, samedi soir au stade du Complexe Mohammed V.


Dans les six précédentes confrontations avec les clubs tunisiens, les Rouge et Blanc avaient historiquement concédé deux nuls et quatre défaites. La victoire de ce soir prend une plus grande valeur, dans la mesure où le club de la métropole traversait une période difficile ayant conduit au changement de deux entraîneurs en l’espace de quelques mois.

Le nouveau coach des champions du Maroc en titre, l’Espagnol Juan Carlos Garrido, avait, de ce fait, la lourde charge de remettre l’équipe en ordre de marche, à une phase charnière de la saison. Et personnellement, l’Ibère était, lui aussi, en quête d’une revanche sur ses adversaires du jour, qui l’avaient limogé il y a trois semaines.

En fin tacticien, Garrido va réaliser un baptême de feu des plus mémorables. D’abord, il va surprendre tout le monde en alignant une formation théoriquement défensive, alors qu’il était crucial d’aller chercher un bon résultat en vue du déplacement à Sousse, dans une semaine.

Laissant le buteur congolais Kazadi Kasengu sur le banc, Garrido va s’appuyer un trio de joueurs offensifs (Aouk-Hassouni-Haddad) capables, à la fois, de jouer dans le dos de la défense et prêter main forte dans les tâches défensives, au moment où Walid El Karti, par son intelligence tactique, était chargé de se glisser entre les lignes pour créer le surnombre dans la surface de réparation.

Le plan de jeu de Garrido consistait surtout à exploiter la lenteur des défenseurs tunisiens, surtout les latéraux, plutôt portés sur l’attaque. Faut-il rappeler que le technicien espagnol a une parfaite connaissance des forces et des faiblesses des joueurs de l’Etoile, dont il a été l’entraîneur entre octobre 2019 et le 9 février 2020.

Après un début de partie brouillon en faveur des Tunisiens, notamment sur un coup de pied arrêté dévié de la tête par le défenseur Saddam Ben Aziza, à côté du montant droit, les Wydadis vont prendre la direction des opérations et multiplier les assauts dans le camp adverse, surtout grâce aux percées de Badie Aouk du flanc droit.

En embuscade dans la surface de réparation, à la 11ème minute de jeu, le défenseur Mohamed Nahiri va ouvrir le score pour les locaux d’une tête imparable. A la réception d’un ballon mal dégagé par la défense, Ismail El Hadda va adresser un centre bien fouetté vers le point de penalty, trouvant l’ancien sociétaire du FUS de Rabat, qui va devancer d’une belle détente la sortie du portier Makram Bdiri.

Incapables de rendre les coups, les joueurs de l’Etoile vont encore subir les attaques des Marocains, qui auraient pu doubler la mise après une bonne combinaison entre Aouk et Ayman Hassouni, dont la déviation au premier poteau n’est pas passée loin du filet opposé.

Deux minutes plus tard, l’arbitre camerounais Alioum Sidi aurait pu siffler un penalty en faveur du même Hassouni suite à une intervention un peu musclée d’un défenseur tunisien, dont l’emportement aurait mis son équipes dans une mauvaise posture.

Loin de se satisfaire de leur maigre avance, les Wydadis vont doubler d’intensité en deuxième période, se montrant encore plus percutants et plus dangereux, notamment sur une frappe déviée de Walid El Karti qui allait finir sa trajectoire derrière la ligne des buts, si ce n’est la parade de Bdiri (52e).

Mais, ce n’était que partie remise, puisque le même Nahiri va, à nouveau, se découvrir des talents de buteur à la 54ème minute de jeu. Sur un long coup de pied arrêté joué par le latéral gauche Yahya Atiat Allah, l’autre surprise du chef Garrido, le goleador de la soirée va décocher une nouvelle tête mal repoussée par gardien adverse.

Dans une ambiance de délire sur les gradins, les hommes de Garrido vont maintenir le siège, à la recherche du coup de grâce, qui aurait pu arriver à la 66ème minute par le biais d’Ismail El Haddad, dont la frappe a été repoussée sur la ligne par le remplaçant Bahaeddine Sellami. Un sauvetage qui a vraisemblablement maintenu l’Etoile en vie pour le match retour.

L’unique fois où le gardien du Wydad, Ahmed Reda Tagnaouti, a été mis à contribution était à un quart de la fin, quand l’international Wajdi Kichrida a réussi une pénétration déroutante dans la surface de réparation, avant d’envoyer une frappe sèche vers la cage ayant nécessité une plongée spectaculaire du portier marocain.

A moins de vingt minutes de la fin, Garrido va lancer le Congolais Kazadi, dont la puissance physique et l’engagement étaient les bienvenus pour pallier la baisse de régime des autres attaquants, qui ont dépensé énormément d’énergie pour rendre possible cet exploit.

Pari réussi pour Garrido, qui a démontré tout le bien que l’on disait de lui, du temps où il était entraîneur de l’autre mastodonte de Casablanca, le Raja, avec lequel il a remporté une Coupe de la Confédération et une Coupe du Trône.

Mais, le résultat est aussi une bonne opération pour le Wydad, qui peut toujours rêver d’un nouveau sacre dans la prestigieuse compétition continentale, dont il est devenu un client patenté du carré d’as.