Vidéo. France: un député brandit un joint de cannabis dans l’Assemblée nationale

François-Michel Lambert. Crédit: AFP.

« Le répressif est un échec total »: le député français François-Michel Lambert, favorable à la légalisation du cannabis, a brandi mardi un joint dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale, s’attirant les foudres du ministre de l’Intérieur.

François-Michel Lambert, député centriste des Bouches-du-Rhône (sud, près de Marseille), a critiqué lors de la séance des questions au gouvernement la « prohibition » en France, alors que « d’autres pays ont fait le choix d’affronter le problème plutôt que la politique de l’autruche ».

Une mission parlementaire transpartisane doit rendre mercredi un rapport où est prônée une légalisation, dans une France championne d’Europe de consommation du cannabis, avec cinq millions d’usagers annuels, dont 900.000 fumeurs quotidiens.

« Cette proposition n’est pas laxiste. Elle permettrait de garantir aux consommateurs des produits contrôlés, d’assécher les trafics », a estimé M. Lambert.

Il a alors montré un gobelet sur lequel figure une feuille de cannabis, puis en a sorti « un joint », se disant conscient que cela « pourrait créer des esclandres ».

Le président de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand, lui a fait aussitôt un rappel au règlement avec inscription au procès-verbal, ce qui vaut sanction pécuniaire pour le député.

 

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Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a dénoncé la « démagogie » dans les propos de M. Lambert, en lançant que « c’est de la merde que (les jeunes) prennent dans leurs veines et qu’ils fument ».

« Pensez-vous que les trafiquants qui font jusqu’à 60.000, 80.000, 100.000 euros d’argent liquide par semaine vont ouvrir une échoppe et déclarer leur argent aux impôts », lui a-t-il demandé.

Et d’ajouter: « Sortez de la naïveté, combattez la drogue et ne baissez pas les bras! »

Le président Emmanuel Macron a exclu il y a dix jours toute légalisation et réclamé plutôt « un grand débat national sur la consommation de drogues et ses effets délétères ».

Et le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a déclaré fin avril que « le cannabis est devenu une drogue dure », rappelant la hausse « considérable » du niveau de THC (tétrahydrocannabinol), la molécule psychotrope du cannabis.

C’est elle qui procure un effet planant, altère perception du temps et réflexes, ouvre l’appétit et peut générer des bouffées paranoïaques ou d’anxiété, notamment chez les primo-usagers.

En dix ans, « pour les concentrations moyennes de THC on est passé pour l’herbe de 10% à 20% et pour la résine de 10% à 30% », expliquait en novembre 2020 Frédéric Barozzi, responsable du domaine « stupéfiants et médicaments » du Service commun des laboratoires (SCL) français, opéré conjointement par les douanes et la répression des fraudes.