Vidéo. Émoi en Algérie après la diffusion par la télé publique d’une vidéo de la décennie noire

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Des enfants égorgés, des corps carbonisés, des têtes coupés… Voici les images qui ont défilé sur les écrans des Algériens vendredi dernier.

L’Algérie célébrait vendredi dernier le 12e anniversaire de la promulgation de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale, qui marquait le choix du peuple algérien d’en finir avec la guerre civile qui a coûté, entre décembre 1991 et février 2002, la vie à 150.000 de ses enfants, sans parler des milliers de disparus et d’un million de personnes déplacées. Alors pour marquer une telle occasion, quoi de «mieux» que de diffuser des images des atrocités commises au cours de cette décennie noire? C’est ce qu’a fait l’Entreprise nationale de télévision (ENTV).

En effet, sans avertir ses téléspectateurs, la télévision publique algérienne a choisie l’heure du prime time pour diffuser ce 29 septembre un reportage intitulé «Pour ne pas oublier». Des enfants égorgés, des corps carbonisés ou encore des têtes coupés ont défilé sur les écrans des Algériens. Et cerise sur le gâteau: le reportage inclut des passages de discours de Bouteflika, «le faiseur de paix».

https://www.youtube.com/watch?v=nh6XdPkSfX8

 

Comme attendu, cette opération de propagande grossière a révolté opinion publique et leaders de l’opposition. Pour le quotidien El Watan, la démarche de l’ENTV suit un objectif clair: «faire peur, intimider et tétaniser les Algériens en ces temps d’inquiétude sociale». Et d’ajouter qu’à travers ce reportage, l’Etat semble vouloir dire: «Si vous voulez le changement, voilà ce qui vous attend».

De son côté, Tout Sur l’Algérie (TSA) fait remarquer que «Ces images, qui interviennent dans le prolongement du discours de peur développé par Ouyahia depuis son accession à la primature, vise, de l’avis unanime de nombreux partis politiques, à terroriser la population et à la contraindre à garder le silence face aux changements à venir ou en préparation, aussi bien sur le plan économique (la planche à billets) que politique (le cinquième mandat de Bouteflika)».

Le débat s’est transporté sur les réseaux sociaux, où les internautes Algériens critiquent vivement la décision de l’ENTV.