HRW appelle le Polisario à libérer trois dissidents faute de preuves

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L’ONG Human Rights Watch (HRW) a appelé hier le Polisario à fournir les preuves des crimes commis par trois militants sahraouis qu’elles détiennent ou à les libérer.

Moulay Abba Bouzid, Fadel Mohamed Breica -qui a également la nationalité espagnole- et Mahmoud Zeidan, présentés par HRW comme des « dissidents » sahraouis du mouvement indépendantiste du Front Polisario, ont été arrêtés mi-juin par les autorités de la RASD.

Celles-ci ont indiqué que les trois dissidents étaient accusés notamment d’incitation à la rébellion, diffamation et calomnie.

 

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Selon HRW, les trois hommes sont détenus dans la localité de Rabouni, en territoire algérien, “siège administratif” de la RASD.

« Les autorités sahraouies devraient établir de manière crédible que Bouzid, Breica et Zeidan pourraient avoir commis des actes véritablement criminels, et pas seulement avoir critiqué pacifiquement le Front Polisario », a déclaré Lama Fakih, directrice adjointe Moyen-Orient et Afrique du Nord de HRW, citée dans un communiqué.

« En l’absence de preuves d’activités criminelles, les trois hommes devraient être remis en liberté », a-t-elle estimé. « Un mois après l’arrestation des trois hommes, les autorités n’ont toujours pas divulgué les éléments qui sous-tendent de telles accusations », souligne HRW.

Selon l’organisation de défense des droits humains, tous trois sont connus comme dissidents et ont publié au cours des derniers mois de nombreux statuts sur Facebook critiquant sévèrement les dirigeants du Front Polisario.

 

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MM. Bouzid et Breica sont membres de l’Initiative sahraouie pour le Changement, et M. Zeidan est journaliste et membre du Forum des Jeunes sahraouis pour une Solution, deux organisations basées en Espagne, qui contestent la direction du Polisario et prônent de nouvelles approches pour régler le conflit vieux de 44 ans avec le Maroc autour du Sahara occidental, selon HRW.

Lama Fakih en appelle par ailleurs à l’Algérie, estimant qu’elle « ne peut pas sous-traiter la protection des droits humains sur son territoire et fermer les yeux si le Polisario les viole ».