Des ONG dénoncent les conditions d’accueil des migrants aux Canaries

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Les ONG Amnesty international et Human Rights Watch (HRW) ont dénoncé mercredi les conditions d’accueil des migrants dans l’archipel espagnol des Canaries, qui a enregistré plus de 2.000 arrivées le week-end dernier.

Le port d’Arguineguin sur l’île de Grande Canarie, où sont installées des tentes pour les migrants, « est saturé et selon nos informations, des ordres d’expulsion sont prononcés, sans [que les migrants n’aient reçu d’] assistance juridique », affirme Amnesty international dans un communiqué.

« Les autorités espagnoles doivent améliorer immédiatement les conditions de saturation et d’insalubrité dans le port d’Arguineguin », a pour sa part réclamé HRW.

Il y a là-bas « des gens qui attendent pendant plusieurs jours, dormant à même le sol, des toilettes chimiques partagées par 30 ou 40 personnes », décrit Judith Sunderland, la sous-directrice d’HRW pour l’Europe et l’Asie centrale qui s’est rendue sur place il y a quelques jours.

« Ces conditions ne respectent pas la dignité ou les droits les plus basiques de ces personnes », ajoute-t-elle.

Selon une porte-parole de la préfecture des Canaries, des efforts sont faits pour reloger les migrants dans des installations plus adaptées, même s’il y a toujours plus de 1.800 personnes sur place.

 

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Sur la seule journée de samedi, l’archipel a vu arriver plus de 1.400 migrants, un record qui dépasse même le nombre d’arrivées enregistrées lors de la crise migratoire de 2006, lorsque plus de 30.000 personnes avaient débarqué des côtes africaines, situées juste en face des îles espagnoles.

Le camp d’Arguineguin va bientôt être démantelé et transféré sur des « terrains militaires » de la ville de Las Palmas à Grande Canarie, a indiqué la semaine dernière le ministre de l’Intérieur espagnol Fernando Grande-Marlaska lors d’une visite en compagnie de la commissaire européenne aux Affaires intérieures Ylva Johansson, qui a plaidé pour des retours vers les pays d’origine des migrants ne pouvant prétendre à une protection internationale.

Contacté par l’AFP, le ministère de l’Intérieur a démenti l’information selon laquelle les migrants étaient expulsés sans s’être vu proposer les services d’un avocat.

Depuis plusieurs mois, les migrants africains ont repris la route des Canaries de préférence à la Méditerranée en raison d’accords de contrôles frontaliers conclus avec la Libye, la Turquie et le Maroc.

Entre janvier et octobre, plus de 11.000 migrants sont arrivés sur l’archipel, soit sept fois plus que sur la même période en 2019, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur.