Algérie: des poids lourds disent non à un 5e mandat de Bouteflika

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Trois figures de la scène politique algérienne appellent à un front uni contre un cinquième mandat du président Abdelaziz Bouteflika.

Trois personnalités algériennes respectées ont ajouté dimanche leur voix au débat sur les capacités du chef de l’État à gouverner, estimant qu’Abdelaziz Bouteflika « n’est plus en mesure de diriger » l’Algérie et appelant à empêcher sa candidature à un 5e mandat en 2019. Le président algérien, 80 ans, est affaibli par les séquelles d’un accident vasculaire cérébral (AVC) survenu en 2013 qui a sérieusement affecté son élocution et sa mobilité, suscitant de constantes spéculations sur son état de santé en Algérie.

Au pouvoir depuis 1999, Bouteflika, qui n’apparaît plus que rarement en public, a néanmoins été réélu en 2014 – un record de longévité à la tête de l’Algérie – et son entourage évoque publiquement sa candidature à un cinquième mandat en 2019. « Le chef de l’Etat actuel, très lourdement handicapé, n’est manifestement plus en mesure de continuer à diriger le pays, ont estimé dans un communiqué commun Ahmed Taleb Ibrahimi, ex-ministre des Affaires étrangères et candidat à la présidentielle en 1999, l’avocat Ali Yahia Abdenour, ancien ministre et doyen des militants des droits de l’Homme en Algérie, et le général en retraite Rachid Benyelles, ancien chef des forces navales.

Ils accusent « ceux qui détiennent véritablement le pouvoir, à savoir l’entourage familial du président et un groupe de puissants oligarques » de l' »exhiber pour dissiper les rumeurs et montrer qu’il est toujours en vie » et de « préparer la candidature pour un cinquième mandat présidentiel d’un vieil homme impotent et incapable de s’exprimer ».

« Pour éviter le naufrage et sauver ce qui peut l’être encore, nous devons taire nos divergences culturelles, linguistiques et politiques pour crier à l’unisson : ça suffit! », estiment les trois signataires, appelant à un « front commun » contre « ceux qui ont confisqué » le pouvoir « depuis près de 20 ans ».

S’adressant à l’armée, longtemps acteur puissant du jeu politique algérien, ils l’appellent à se « démarquer de manière convaincante du groupe qui s’est emparé indûment du pouvoir » « à défaut d’accompagner le changement ».