Algérie: les impressionnantes images de la mobilisation contre Bouteflika

à 17:30

Une marée humaine a défilé dans le calme vendredi 8 mars dans le centre d'Alger pour un troisième vendredi consécutif contre un cinquième mandat d'Abdelaziz Bouteflika, malgré les mises en garde sur les risques de «chaos» lancées par le chef de l'État qui refuse de céder.

La mobilisation, immense et difficile à évaluer, est largement supérieure à celle des manifestations des deux derniers vendredi à Alger, pourtant déjà impressionnantes. Dans le centre de la capitale, la Place de la Grande-Poste a été noire de monde vendredi 8 mars, de même que l'un des principaux axes d'Alger qui y mène, ainsi que les grandes artères environnantes.

Les manifestations coïncidaient avec la célébration du 8 mars, Journée internationale des Femmes, et nombre d'entre elles figuraient parmi les manifestants de tous âges qui ont défilé dans le calme, aux cris de «Pouvoir, assassin», ou «Pas de 5e mandat, eh Bouteflika!». «Ils ont les millions, nous sommes des millions», indiquait une pancarte brandie par une femme dans le cortège.

Au fil des heures de la journée, le flot de manifestants n'a cessé de grossir sur la place de la Grande-Poste déjà bondée, à l'issue de la fin de la grande prière musulmane hebdomadaire. Aucun incident n'a été signalé. Initialement présents en nombre, les policiers se sont contentés d'observer, avant que plusieurs camionnettes de police, submergées au milieu de la foule ne commencent à évacuer la place.

Les Algériens n'ont semble-t-il pas été impressionnés par le message que leur a adressé jeudi Bouteflika, 82 ans, hospitalisé en Suisse depuis plus de dix jours et dont le retour au pays n'a toujours pas été annoncé. Dans ce message à l'occasion du 8 mars, le chef de l'Etat, présenté par ses partisans comme le garant de la paix dans le pays, a agité le spectre du «chaos» et dénoncé, sans les nommer, les ennemis «insidieux» et ceux «qui conspirent» contre l'Algérie. En creux, le chef de l'Etat, très diminué par les séquelles d'un AVC dont il a été victime en 2013, réaffirme qu'il n'entend pas renoncer à briguer un 5e mandat lors de la présidentielle du 18 avril.