Algérie: l’armée accuse les tenants de la transition de vouloir «protéger» les corrompus

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Ceux qui appellent en Algérie à une période de transition cherchent à «protéger» les réseaux de corruption que la justice, avec l’appui de l’armée cherche à démanteler, a estimé jeudi le chef d’état-major de l’armée.

L’instauration d’instances de transition débarrassées de tous les fidèles d’Abdelaziz Bouteflika et chargées de réformer le pays avant une présidentielle, est une des principales revendications du mouvement de contestation qui a poussé l’ancien chef de l’Etat à la démission le 2 avril. Mais le général Ahmed Gaïd Salah, véritable homme fort du pays depuis le départ de Bouteflika, rejette ces demandes.

Il a dénoncé jeudi les «parties malveillantes» qui «déstabilisent la justice» en demandant que les nombreuses enquêtes anticorruption lancées depuis le départ de Bouteflika contre d’anciens proches, soient «reportées à après les élections» d’un nouveau président. Des figures de la contestation et des observateurs s’inquiètent d’une possible instrumentalisation de la justice au profit de luttes de clan au sommet. Ils réclament que ce soit le futur pouvoir élu qui mène à bien les enquêtes sur la présidence Bouteflika (1999-2019).

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«Ceux qui veulent instaurer des phases de transition (…) veulent protéger la corruption en reportant la lutte lancée contre elle», a accusé le général Gaïd Salah, selon le texte de son 2e discours en deux jours, prononcé lors d’une visite sur le terrain et diffusé par le ministère de la Défense. Encouragée ouvertement par l’armée, la justice algérienne a ouvert de multiples enquêtes contre des hommes d’affaires et d’anciens hauts responsables liés à Bouteflika. Certains ont été placés en détention préventive.

Le mouvement de contestation exige le départ de tous les anciens fidèles de Bouteflika encore aux manettes, en tête desquels le général Gaïd Salah et le président par interim Abdelkader Bensalah.