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    Numéro dépôt légal : ص 2018/22

    Cuivre, lithium, terres rares: le sous-sol de l’Afghanistan regorge de minéraux jugés critiques pour la transition énergétique et climatique, soulignent les experts, une manne non exploitée à ce jour, et désormais aux mains du régime taliban au pouvoir dans le pays.

    « L’Afghanistan a des gisements de bauxite, de cuivre, de fer, de lithium et de terres rares », indique le dernier rapport annuel sur les ressources minières en Afghanistan publié en janvier 2021 par l’Institut d’études géologiques des Etats-Unis (USGS).

    Alors que le monde essaie de se passer d’énergies fossiles comme le pétrole et le gaz, ces métaux sont de plus en plus recherchés pour transporter ou stocker l’électricité.

    Le cuivre, essentiel pour la fabrication de fils électriques, a ainsi battu son record historique cette année sur les marchés mondiaux, en cotant plus de 10.000 dollars la tonne.

    Le lithium est une ressource essentielle à la transition énergétique. Il est utilisé pour le stockage de l’énergie dans des batteries ou des fermes solaires ou éoliennes.

    En 2020, il a rejoint la liste officielle des 30 matières premières jugées « critiques » pour son indépendance énergétique par l’Union européenne, aux côtés du cobalt, du graphite, du silicium ou du tantale notamment.

     

    – « un stock immense de lithium » –

     

    L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a de son côté estimé en mai que la demande mondiale de lithium allait être multipliée par 40 d’ici 2040.

    Or, l’Afghanistan « est assis sur un stock immense de lithium, pas exploité à ce jour », indique à l’AFP Guillaume Pitron, auteur du livre « La guerre des métaux rares » (Les liens qui libèrent, 2018).

    Et les terres rares comme le néodyme, le praséodyme ou le dysprosium, que l’on trouve aussi en Afghanistan, sont cruciales dans la fabrication d’aimants utilisés dans des industries d’avenir que sont l’éolien ou la voiture électrique.

     

    Lire aussi: Les talibans face au besoin crucial des aides financières

     

    Globalement, le potentiel de toutes les ressources souterraines du pays était estimé à mille milliards de dollars par un rapport commun de l’ONU et de l’Union européenne datant de 2013.

    Le pays, dont la richesse du sous-sol est légendaire, était jusqu’à présent surtout connu pour ses pierres précieuses (lapis-lazuli, émeraudes, rubis, tourmaline), son talc ou même son marbre. Il produit aussi du charbon, et des métaux traditionnels comme le fer.

    Exploités officiellement, les gisements de pierres précieuses font aussi l’objet de trafics illégaux à plus ou moins grande échelle entre le pays et le Pakistan voisin, dénoncés dans le dernier rapport de l’USGS.

     

    – Besoin de stabilité –

     

    Dès avant la victoire des talibans en Afghanistan, la Chine, qui produit déjà 40% du cuivre mondial, près de 60% du lithium, et plus de 80% des terres rares (source AIE), avait « soutenu un certain nombre de factions talibanes en vue de faciliter leur accès à certains gisements particulièrement prometteurs », souligne M. Pitron.

    « Les Chinois ne conditionnent pas leurs contrats d’affaires à des principes démocratiques » explique-t-il.

    En matière de cuivre, Pékin, qui avait obtenu en 2008 une concession pour exploiter la mine géante d’Aynak à 35 kilomètres de Kaboul, discutait avec le gouvernement déchu depuis 2015 pour tenter d’obtenir des amendements permettant une exploitation effective du gisement, « bloquée pour différentes raisons », selon l’USGS qui ne détaillait pas les problèmes rencontrés.

    Aujourd’hui, les experts font néanmoins valoir qu’il n’est « pas du tout certain » que l’Afghanistan devienne un eldorado des minéraux et le terrain de jeu géopolitique de la transition énergétique mondiale, en raison des incertitudes politiques pesant sur la gestion du régime des talibans.

    « Pour cela, il faut un climat politique très stable » souligne M. Pitron.

    En matière minière, il peut se passer 10 ou 20 ans entre la découverte d’un gisement et son exploitation: « aucune entreprise ne voudra investir s’il n’y a pas un cadre politique et juridique stable », ajoute M. Pitron, en soulignant que certains investisseurs préféreront peut-être choisir des sources d’approvisionnement « un peu plus chères, mais plus stables ».

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