Migrants morts à Sebta en 2014: un survivant saisit le Comité de l’ONU contre la torture

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Massacre des migrants de Tarajal en 2014: un survivant saisit Comité des Nations Unies contre la torture
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Un survivant d’un drame migratoire dans lequel au moins 15 personnes étaient mortes en 2014 en tentant de rejoindre l’enclave de Sebta a saisi le Comité des Nations Unies contre la torture, a annoncé mercredi l’ONG allemande qui le soutient.

Le 6 février 2014, au moins 15 migrants s’étaient noyés en tentant d’atteindre la plage de Tarajal à Sebta occupée. Selon les témoignages de survivants, la Garde civile espagnole avait tiré ce jour-là des balles en caoutchouc en leur direction, crevant les bouées auxquelles ils s’accrochaient et causant ce qu’on appelle depuis le « Massacre de Tarajal« .

La justice espagnole ayant classé l’affaire, le Centre européen pour les droits constitutionnels et humains (ECCHR) a déposé une plainte au nom de l’un des survivants, appelé Ludovic N., dans l’espoir que le comité de l’ONU contre la torture demande à l’Espagne de rouvrir le dossier.

« Les victimes de Tarajal ont le droit de voir (la justice espagnole) examiner cette affaire », a déclaré Hanaa Hakiki, juriste de cette ONG basée à Berlin, lors d’une conférence de presse à Madrid.

Âgé de 15 ans à l’époque, Ludovic N., de nationalité camerounaise, a affirmé, dans une vidéo diffusée par l’ONG, qu’il avait été ce jour-là « agressé » et « refoulé » par les forces de l’ordre espagnoles, responsables, selon lui, d’un « massacre ».

Il dénonce aussi le fait de ne jamais avoir été entendu par la justice espagnole.

Celle-ci a inculpé un temps 16 gardes civils, avant d’abandonner les poursuites. La plus haute cour pénale du pays, le Tribunal suprême, a classé l’affaire en 2022 après plusieurs classements et réouvertures du dossier par des instance de rang inférieur.

Les autorités espagnoles ont seulement admis le tir de balles en caoutchouc en l’air.

« La vérité, la justice et la réparation » sont nécessaires afin de donner aux victimes la « garantie » qu’un tel drame « ne se produira plus à nos frontières », a insisté Elena Muñoz, juriste au sein de la Commission espagnole d’aide aux réfugiés (CEAR), qui a déposé un recours en cassation devant le Tribunal constitutionnel après le classement de l’affaire par le Tribunal suprême en 2022.

Ce drame de la plage de Tarajal demeure l’un des plus meurtriers dans cette enclave située sur la côte nord du Maroc.

Le bilan le plus lourd pour une tentative d’intrusion à Sebta ou dans l’autre enclave occupée de Melilla avait été enregistré le 24 juin 2022, lorsqu’au moins 23 migrants étaient morts en tentant de pénétrer à Melilla, selon les autorités marocaines.

L’ONG Amnesty International et des experts indépendants nommés par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU ont eux évoqué un bilan d’au moins 37 morts.

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