Viol collectif: les avocats de Khadija envisagent de contester l'expertise médicale

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Les résultats de l’expertise médicale sur Khadija, victime présumée de viol collectif à Oulad Ayad ,ont été remis ce mercredi 10 octobre au juge d’instruction près la Cour d’appel de Béni Mellal. Ils ont toutefois fuité dans les médias bien avant, et ont été fortement critiqués par les avocats de Khadija.
Alors qu’il est daté du 20 septembre, le rapport de l’expertise médicale sur Khadija n’a atterri dans les mains des avocats que ce 10 octobre. Youssef Chahbi, avocat de la présumée victime, précise que ce rapport a pourtant fuité dans la presse bien avant que les avocats ne le reçoivent, et plusieurs supports en ont cité les éléments.
Selon la parution du jeudi 11 octobre du quotidien Al Ahdath Al Maghribia, le rapport médical a été réalisé par une équipe composée d’un médecin légiste, d’un dermatologue et d’un chirurgien esthétique.
Il précise que certains tatouages de Khadija sont nouveaux et ont été effectivement réalisés par une tierce personne pendant la période où elle aurait été séquestrée, tandis que d’autres, plus anciens, remontent à plus de deux mois. Le rapport fait également état de vieilles cicatrices d’automutilation que Khadija se serait infligée afin de cacher d’anciens tatouages, ainsi que de brûlures de cigarettes qui pourraient dater de la période de sa séquestration. Toutefois, les résultats de l’expertise médicale n’excluent pas la possibilité que ces brûlures de cigarettes aient été réalisées dans le cadre de rituels et à la demande de Khadija. Enfin, ils précisent que l’hymen de Khadija est intact, et que les experts n’ont pu ni confirmer ni infirmer si elle avait subi une agression sexuelle violente et forcée.
Ce qu’en pensent les avocats
Selon Youssef Chahbi, les résultats de l’expertise sont « contradictoires et incohérents » et « n’apportent aucune réponse aux questions du juge d’instruction ».
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« Le rapport dit qu’il « ne peut ni confirmer ni infirmer » les allégations de Khadija, donc c’est retour à la case zéro pour nous… Il n’a apporté de réponses à aucune des deux parties de l’affaire. De plus ces experts émettent des hypothèses sur des événements auxquels ils n’ont pas assisté et qui ne sont pas dans le cadre de leur mission puisqu’antérieurs à la période de séquestration », a-t-il ajouté.
« Après consultation avec les autres avocats, on va sûrement contester cette expertise », conclut-il.