Casablanca: la police force les cafés à libérer l’espace public

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Une campagne de libération du domaine public par la police administrative est en oeuvre jusqu’à fin mai à Casablanca. Elle concerne les cafés et crèmeries qui s’étalent dans la rue plus que la loi ne les autorise. 

150 agents de la police administrative ont été mobilisés et formés pour verbaliser les contrevenants en matière d’occupation de l’espace public mais aussi d’hygiène et d’urbanisme, annonce ce matin L’Économiste qui parle d’ « opération coup de poing ». Cinq arrondissements pilotes ont été choisis, à savoir Sidi Belyout, Anfa, Maârif, Moulay Rachid et Sidi Othmane.

Dans ce dernier arrondissement, l’exemple la semaine dernière du café Al Haouzia a agité la toile. Dans une vidéo, on peut voir une pelleteuse de démolition détruire la terrasse de l’un des plus vieux cafés du quartier, contraint de fermer ses portes.

Le propriétaire devra s’acquitter de 300.000 dirhams de redevance (cumulés depuis 2002) à la commune urbaine de Casablanca (CUC) ajoutés aux majorations, soit un total d’environ 1,2 millions de dirhams pour rouvrir son établissement, explique le quotidien qui évoque plutôt une « opération dissuasive » (six cafés sont ciblés pour le moment) pour inviter les autres cafés à se conformer à la loi.

 

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Une certaine réussite pour la commune puisque beaucoup de tenanciers de cafés se sont acquittés des redevances cumulées depuis des années, une source auprès de la SDL Casa-Prestation affirmant à nos confrères que « le premier trimestre 2019 a enregistré une augmentation de 30% des recettes de la ville par rapport à la même période de l’année dernière ».

Les agents assermentés s’organisent en 75 brigades (de deux agents chacune) et se déplacent en commission, composée également des autorités locales (caïd, moqaddem, forces auxiliaires…). Ils verbalisent les contrevenants en vertu de l’arrêté communal définissant les conditions d’exploitation provisoire du domaine public et celles de l’arrêté municipal relatif à l’hygiène adopté par les élus en février 2018.

 

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D’ici 2020, il est prévu de doubler les effectifs des agents, passant de 150 à 300. La prochaine formation d’agents se déroulera d’ailleurs en juin prochain, précise la même source auprès de la SDL. La sélection s’établira parmi les 12.000 fonctionnaires de la CUC qui auront droit, en plus de leur salaire de base, à des indemnités en fonction des objectifs et des visites effectués (une quinzaine par jour), annonce le journal.

Vêtus provisoirement d’uniformes verts (en attendant les bleus commandés auprès de l’ESITH), les agents seront également munis d’un matricule visible afin d’éviter tout abus ou dérive.

Autres missions incombées à la police administrative: traiter les doléances et les plaintes des citoyens adressées à la commune via une nouvelle plateforme de gestion de relations clients (CRM) bientôt opérationnelle; et le contrôle de la conformité de l’affichage urbain, autre domaine caractérisée par une « anarchie totale ».