Terrorisme, trafic de drogue, immigration clandestine… le bilan 2019 de la DGSN

L’année qui s’écoule a été chargée pour la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN). Dans un contexte régional sensible, ponctué par l’augmentation du risque terroriste, la transformation des circuits de trafics illégaux et le sentiment de plus en plus aigu d’insécurité chez les citoyens, le corps constitué fait son bilan 2019.

Ainsi, dans le domaine du renforcement de la police de proximité et du suivi de la couverture de sécurité des nouveaux pôles urbains, la Direction Générale de la Sûreté Nationale a poursuivi le processus de généralisation des salles de commandement et de coordination reliées aux unités mobiles de la police de secours, qui vise à intensifier la couverture de sécurité, à assurer la mobilité permanente des patrouilles sur la voie publique et à gérer et réduire les délais d’intervention de la police. Deux nouvelles salles créées dans les préfectures de police de Fès et de Tanger travaillent actuellement en coordination avec les patrouilles mobiles déployées sur le terrain, tandis que les préparatifs sont en cours pour lancer prochainement une troisième salle dans la préfecture de police de Kénitra, ce qui a contribué à l’augmentation du nombre des appels à l’aide qui ont atteint 2.098.139 appels ayant donné lieu à 745.283 interventions de sécurité réussies sur la voie publique.

Dans le cadre de l’accompagnement de l’expansion urbaine et du rapprochement des services de sécurité des citoyens, les services de la sûreté nationale ont créé 24 nouvelles structures de sécurité.

Plus de coordination avec les clubs lors des évènements sportifs

Les services de police ont été ainsi renforcés par la mise en place du nouveau district de Bettana-Tabriquet, d’un commissariat régional à Attaouiya, d’un commissariat au port de Tanger, de dix nouveaux districts de police à Casablanca, Fès, Agadir, Salé, Nador et à Kelâa des Sraghna, outre la création de trois groupes de protection des installations sensibles à Marrakech, Fès et Tétouan, quatre services des accidents de la circulation à El Jadida, Taounate, M’diq-Fnideq et Taroudante, une unité mobile à Safi, la promotion du Commissariat de Circonscription de Guercif en Sûreté régionale, ainsi que l’ouverture de deux écoles régionales de formation à Fès et à Laâyoune.

Dans un souci de sécurisation des pratiques sportives, les services de la sûreté nationale ont procédé au cours de l’année 2019 à la restructuration des cellules de sécurité sportive, avec une définition précise de leurs missions de suivi des manifestations sportives, et l’ouverture des canaux directs de communication et de coordination avec les clubs sportifs et les supporters, de manière à éviter les actes de vandalisme liés aux compétitions sportives.

Agadir, El Jadida et Errachidia ont bénéficié de la généralisation du système de gestion des arrondissements de police (GESTARR), en vue de numériser le travail de tous les services de police, de renforcer leurs mécanismes de contrôle et de simplifier les procédures de remise des documents administratifs aux citoyens.

La criminalité en « col blanc » sous haute surveillance

Dans le domaine de la lutte contre la criminalité et du renforcement du sentiment de sécurité, les services de la sûreté nationale ont continué à soutenir les unités chargées de la lutte contre la criminalité, avec la création d’un service central de lutte contre le blanchiment d’argent et deux services au niveau de la Brigade de la Police Judiciaire Nationale spécialisés dans l’intelligence économique et l’identification des produits du crime, la mise en place d’une nouvelle escouade pour combattre les gangs dans la ville de Fès et de quatre équipes urbaines de la police judiciaire à Marrakech, Rabat, Fès et Salé, outre la révision globale de la structure et des fonctions des cellules de prise en charge des femmes victimes de violence, actuellement au nombre de 132 au niveau national, ainsi que la mise en place d’une commission conjointe des directions centrales chargée de visiter et surveiller tous les lieux de garde à vue des mineurs, afin de les qualifier, d’en améliorer les conditions et de veiller à ce qu’ils respectent toutes les conditions de sûreté et de sécurité.

Une analyse qualitative du graphique de la criminalité pour l’année 2019 fait ressortir 639.116 affaires répressives, dont 577.775 cas ont été clarifiées, avec un taux de réussite d’environ 90,4% (pourcentage de cas résolus), tandis que 644.025 personnes ont été traduites en justice, dont 43.008 femmes et 23.764 mineurs.

Comparativement à l’année précédente, on peut noter une relative stabilité du pourcentage des affaires répressives de l’ordre de 90,4%, un pourcentage élevé dans lequel les piliers systématiques de la police scientifique et technique ont largement contribué à soutenir la recherche criminelle, ainsi que l’intensification des opérations contre les personnes recherchées, dont 130.680 ont été arrêtées.

On peut noter aussi une augmentation d’environ 11,72% du nombre de personnes traduites en justice, de 4,54 % du nombre de mineurs arrêtés et de 3,26 % des victimes qui ont été auditionnées ou qui ont porté plainte, autant d’indicateurs que l’on peut mettre à l’actif de la réactivité rapide des services de la sûreté nationale avec les plaintes déposées, le renforcement de la police de proximité, la généralisation des salles de commandement et de coordination et des unités de police de secours. S’agissant des crimes violents, qui ont un impact direct sur le sentiment de sécurité, tels que les meurtres, les vols aggravés, les agressions sexuelles et autres, ils représentent 8,32% du paysage général du crime avec un taux de répression d’environ 76%, alors que le nombre des affaires enregistrées cette année a connu un recul notable de 8,6% par rapport à 2018. De même, tous les crimes graves ont enregistré une baisse établie à -11,17% dans les cas de coups et blessures entraînant la mort, -10,23% dans les affaires d’attentat à la pudeur, -3,41% dans les vols qualifiés, -21% dans les vols sous la menace d’armes blanches et -7,78% dans les vols de véhicules.

Pour ce qui est de la lutte contre les réseaux criminels, il a été procédé en 2019 à l’arrestation de 990 individus soupçonnés d’être liés à 509 réseaux criminels s’activant dans le vol sur la voie publique ainsi que l’arrestation de 505 organisateurs d’opérations de la migration clandestine soupçonnés d’être impliqués dans 62 réseaux criminels spécialisés dans la traite des êtres humains et l’organisation de la migration clandestine, en plus de l’arrestation de 27.317 candidats à la migration irrégulière, dont 20.141 de nationalité étrangère, et la saisie de 3.021 faux documents de voyage ou pièces d’identité.

Quant au nombre des personnes interpellées dans les affaires liées à la drogue, il a atteint 127.049 personnes, soit une augmentation de 38% par rapport à l’année précédente avec un record enregistré dans les quantités de drogues saisies grâce aux opérations conjointes des services de la Sûreté nationale et des services de la Direction Générale de la Surveillance du Territoire.

Ainsi, les opérations de lutte contre la drogue et les psychotropes ont permis la saisie de 179,657 tonnes de haschich et ses dérivés, soit une augmentation de 127 tonnes par rapport à l’année précédente, 542,455 kilogrammes de cocaïne, 7,196 kilogrammes d’héroïne et 1.407.451 comprimés psychotropes, dont 974.983 comprimés d’ecstasy importés d’Europe. De plus, l’année qui s’achève a connu l’organisation de huit opérations de livraison surveillée de drogues en coordination avec la police française, qui ont abouti à l’arrestation de 12 contrebandiers et à la saisie de plus de 8,580 tonnes de chira sur le territoire français.

Le parquet submergé

Par ailleurs, les services de police judiciaire ont renvoyé aux parquets compétents 79 personnes soupçonnées d’être impliquées dans des affaires de terrorisme et d’extrémisme, 908 dans des crimes liés à l’usage des nouvelles technologies, 353 dans des affaires d’extorsion sexuelle via Internet qui ont ciblé 407 victimes (dont 137 victimes de nationalité étrangère), 168 dans des cas de corruption et d’abus de pouvoir, 234 personnes dans des affaires de détournement de fonds et de gaspillage de fonds publics, 96 personnes dans des affaires de contrefaçon de la devise nationale et sa mise en circulation et 59 individus impliqués dans des cas de fraude et de contrefaçon de cartes de paiement, dont 38 citoyens marocains et 21 de nationalités européennes et d’Afrique subsaharienne.
Sur le plan de la sûreté scolaire, les opérations menées par les équipes mixtes chargées de sécuriser le périmètre des établissements scolaires ont abouti à l’arrestation de 4957 personnes en lien avec 4745 affaires, soit une augmentation de près de 40% du nombre des affaires répressives et de 46% du nombre des personnes interpellées. Cette augmentation significative est attribuée à l’intensification des patrouilles de sécurité en milieu scolaire et au renforcement des campagnes de sensibilisation dans les établissements d’enseignement visant à renforcer l’immunité chez les jeunes contre les diverses manifestations de la délinquance et de la toxicomanie

Les Brigades de Renseignement Criminel et d’Appui Technique aux enquêtes créées par la Direction Générale de la Sûreté Nationale au niveau des services décentralisés de la police judiciaire ont contribué à l’appui des enquêtes criminelles au niveau national, la détection des nouvelles méthodes criminelles, la poursuite des personnes recherchées ainsi que l’exploitation des informations criminelles fournies par les technologies de l’information.

Ces équipes régionales, qui sont actuellement au nombre de 20, ont ainsi traité 27.045 affaires, arrêté 1.528 personnes impliquées dans des actes criminels en fournissant 20.638 opérations de soutien et d’assistance technique aux autres équipes et unités de lutte contre le crime, en plus de l’exploitation de 1.920 informations en matière pénale et l’identification de 2.463 individus impliqués dans des affaires pendantes.

Concernant les activités de l’Institut des Sciences Forensiques de la Sûreté Nationale, certifié ISO 17.025 et chargé de promouvoir la mission de soutien technique et preuve scientifique aux enquêtes pénales, ses services techniques ont réalisé 240 expertises balistiques sur 110 armes à feu, 95 armes de réplique et 4.554 munitions en plus de 832 expertises en écriture sur 4.018 documents entre obligations, chèques et pièces d’identité, outre 2.731 billets de banque dont 1.130 en devises.

S’agissant du Laboratoire central d’analyse des traces numériques, il a traité 672 affaires qui ont connu l’usage de téléphones portables, 130 affaires liées à l’informatique, tandis que la filière des portraits-robots a contribué au traitement et au dénouement de 1.152 affaires pénales.

Pour ce qui est des filières et des services scientifiques, ces entités ont reçu 9.821 affaires contre 10.698 l’an dernier. Les demandes d’analyses d’ADN ont été au nombre de 7.757, soit 79 %. Quant à la section chargée des incendies et des explosifs, elle a traité plus de 739 affaires. La section de la toxicologie et des drogues a, pour sa part, composé avec 1.064 affaires…