Le Maroc, 2e pays arabe où les femmes se suicident le plus, selon l'OMS

à 21:00
Image d'illustration. DR.

A l'occasion de la journée mondiale de la prévention du suicide qui s'est déroulée hier, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a livré un rapport intitulé "Le suicide dans le monde - estimations de la santé mondiale" dans lequel le Maroc apparaît comme le deuxième pays arabe où les femmes se suicident le plus, après le Soudan. 

Selon des estimations de 2016 parues cette semaine, 800.000 personnes se suicident chaque année dans le monde, soit un suicide toutes les 40 secondes, rapporte l'organe de l'ONU qui a fait de la réduction du taux de suicides l'une de ses priorités à l'horizon 2030. Comptant parmi les vingt principales causes de décès dans le monde, le suicide tue plus de personnes que le paludisme, le cancer du sein, la guerre ou l'homicide.

Au Maroc, l'OMS dénombre 1.013 suicides en 2016, soit 400 hommes et 613 femmes. À l'échelle mondiale, le taux de suicide normalisé selon l'âge est 1,8 fois plus élevé chez les hommes que chez les femmes, à l'exception de cinq pays (Bangladesh, Chine, Lesotho, Myanmar) où les femmes sont les plus nombreuses à se suicider, parmi lesquels le Maroc. Ce dernier se hisse à la deuxième place des pays arabes où les femmes se suicident le plus, juste après le Soudan (801) et avant l'Irak (479). Le taux de suicides féminins au royaume s'élève ainsi à 3,6 pour 100.000 habitants.

 

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À l’échelle mondiale, la majorité des décès par suicide ont lieu dans les pays à revenu faible et intermédiaire (79%), où la plupart de la population mondiale vit (84%). En ce qui concerne l'âge, plus de la moitié (52,1%) des suicides dans le monde a lieu avant l'âge de 45 ans, poursuit le rapport. La plupart des adolescents décédés par suicide (90%) sont issus de pays à revenu intermédiaire où près de 90% des adolescents du monde vivent.

Le suicide est la deuxième cause de décès chez les jeunes âgés de 15 à 29 ans, après les accidents de la route. Parmi les jeunes âgés de 15 à 19 ans, le suicide est la deuxième cause de décès chez les jeunes filles (après les affections maternelles) et la troisième cause de décès chez les garçons (après les accidents de la circulation et la violence interpersonnelle). Les méthodes de suicide les plus courantes sont la pendaison, l’auto-empoisonnement par les pesticides et les armes à feu, explique l'OMS.

"Pas de stratégie nationale"

Contactée par H24Info, la présidente de l'association "Sourire de Reda", Meryeme Bouzidi Laraki se dit incapable de commenter ces résultats, "on ne sait pas d'où viennent ces chiffres" déclare-t-elle, tout en rappelant qu'au Maroc, il n'y a pas eu de publication officielle depuis 2014. Une première cartographie des suicides dans le pays avait été élaborée cette année-là par la gendarmerie nationale et le ministère de la santé.

 

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"Il faudrait que le gouvernement mette en place une stratégie nationale", tonne la présidente de l'association créée en 2010 pour aider les "jeunes en souffrance en prévention de l'isolement et des passages à l'acte", lit-on sur leur page Facebook. "Au Maroc, il n'y a pas de chiffres nationaux, pas non plus de stratégie nationale établie donc pas d'analyses de données sur les facteurs de risques, les raisons, les procédés du suicide...", déplore Meryeme Bouzidi Laraki.

Dans son communiqué datant du 9 septembre dernier, l'OMS dévoile que le nombre de pays disposant de stratégies nationales de prévention du suicide s'établit à 38. Un résultat jugé "encore trop faible" par l'institution qui invite les Etats à "s'engager à élaborer de telles stratégies".

"Ce serait bien que le Maroc en fasse partie", espère tout de même la présidente qui estime que le travail de "Sourire de Reda" a permis "d'éveiller les consciences". "Reste maintenant le soutien de l'Etat pour pouvoir évaluer nos campagnes", conclue Meryeme Bouzidi Laraki.

Au sein des pays ayant mis en place des plans nationaux contre le suicide, les interventions clés qui ont témoigné de leur efficacité pour réduire le nombre de suicides consistent en la limitation de l’accès aux moyens de se suicider; la sensibilisation des médias à un traitement médiatique responsable du suicide; la mise en œuvre de programmes destinés aux jeunes pour leur permettre d’acquérir les capacités d’affronter les difficultés de la vie; et l’identification et la prise en charge précoces ainsi que le suivi des personnes à risque.