Le CNDH dénonce le non-respect du droit de manifester durant les protestations de Jerada

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Le Conseil national des droits de l'Homme (CNDH) publie un rapport sur les protestations de Jerada./DR

Deux ans après les protestations ayant secoué la petite ville minière de Jerada, le CNDH publie un nouveau rapport plaidant pour le respect du droit de manifester pacifiquement ainsi que pour l’ouverture d’un dialogue national sur les droits de l’Homme.

Rédigé durant la période entre décembre 2019 et février 2020 et s’étendant sur une soixantaine de pages, le rapport élaboré par le Conseil national des droits de l’Homme (CNDH) sur les protestations de Jerada a été rendu public.

Le rapport présente ainsi 29 conclusions et 36 recommandations formulées sur la base de l’approche droits de l’Homme, et du suivi et du monitoring réalisés par la CRDH de la région de l’Oriental des différentes formes de manifestations et de protestations qu’a connues la ville de Jerada, ainsi que sur la base du suivi par le Conseil des protestations et des revendications de la population.

Dans l’introduction du rapport, la présidente du CNDH, Amina Bouayach souligne que «les protestations qui ont eu lieu dans la ville de Jerada, une des villes dépendant de l’activité minière, constituent l’une des manifestations de la problématique liée à la transition de la phase de l’exploitation des mines à la phase post-épuisement des ressources».

«Cela aurait dû constituer une occasion pour mener une réflexion sur le développement d’une stratégie anticipative nationale qui vise à traiter les transformations d’ordre économique, social et environnemental dans la ville de Jerada et les régions enregistrant une situation similaire», poursuit Amina Bouayach. Et d’ajouter «ces transformations rendent inévitable une transition post-exploitation des mines, étant donné que ces dernières ont une durée de vie hypothétique avant l’arrêt de l’exploitation ».

 

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Les recommandations du CNDH sont tout d’abord «l’appel au respect du droit de manifester pacifiquement et le recours à l’interprétation basée sur les droits de l’Homme indépendamment de la disponibilité de la déclaration ou de la notification, tout en veillant au développement de lignes directrices qui encadrent l’intervention des forces publiques dans ce domaine».

Par ailleurs, le conseil plaide pour l’ouverture d’un dialogue national sur la question des entreprises et des droits de l’Homme et d’accélérer l’adoption d’un plan national en la matière, dans le cadre de la mise en œuvre des dispositions du Plan d’action national en matière de démocratie des droits de l’Homme, conformément aux dispositions constitutionnelles pertinentes et aux principes directeurs des Nations Unies relatifs aux entreprises et aux droits de l’Homme.