L’avocat de Hajar Raïssouni met en doute l’expertise du médecin légiste

L’avocat de la journaliste Hajar Raissouni, Saâd Sahli, a affirmé, lors de la première audience du procès de la journaliste tenue ce lundi au tribunal de première instance de Rabat, que «le médecin qui a produit la deuxième expertise attestant que Hajar ait subi un avortement ne l’a même pas examiné».

Au moment où la première expertise élaborée par une équipe médicale du CHU Ibn Sina de Rabat a confirmé « l’inexistence de déchirures ou de traces de la pince de Pozzi », un second médecin du même hôpital est sorti avec une nouvelle expertise affirmant que « Hajar avait mis un terme à sa grossesse volontairement, en affirmant que c’est Hajar elle-même qui aurait admis avoir avorté », a-t-il affirmé en s’adressant à la cour.

Sahli a assuré, à la grande surprise du tribunal, que «le médecin qui a produit ce rapport médical controversé n’a pas examiné Hajar et ne l’a même pas vu».

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Tout en soulignant que l’acte d’accusation s’est basé sur cette expertise controversée, il s’est indigné: «comment un médecin qui n’a pas rencontré Hajar pourrait-il lui attribuer des déclarations et les introduire dans son rapport médical?».

A noter que le tribunal de première instance de Rabat a décidé, lundi, de reporter le procès de la journaliste Hajar Raissouni au 16 septembre. Il a également refusé une demande de liberté provisoire formulée par sa défense.

La journaliste de 28 ans a été arrêtée le 31 août avec son fiancé, son médecin, un infirmier et une secrétaire pour des chefs d’accusation tels que «l’avortement illégal» et «relations sexuelles extraconjugales ».