Procès de Hajar Raissouni: le médecin poursuivi avait été décoré par le roi

La première audience du procès de la journaliste Hajar Raissouni, poursuivie en détention en même temps que son fiancé, son médecin, un infirmier et une secrétaire, a réservé une grosse surprise. Le gynécologue arrêté avait été décoré par le roi en 2015 !

L’avocate du gynécologue obstétricien, Dr. Mohamed Jamal Belkeziz, arrêté samedi dernier dans le cadre de la même affaire, a lancé une bombe lors de sa plaidoirie en faveur de son client, a indiqué sous le sceau de l’anonymat une source de la défense de la journaliste dans une déclaration à H24Info.

Tout en insistant sur le fait que son client disposait de toutes les garanties pour bénéficier de la liberté provisoire, Mme Myriam Moulay Rachid Sellami a étayé son propos en affirmant que celui-ci «avait été décoré du Wissam Al-Moukafa Al-watania (ordre du mérite national) que lui avait accordé le roi Mohammed VI en 2015».

 

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«Mon client a eu le privilège d’être décoré par le roi. Croyez-vous, M. le juge, que le Directeur du Protocole et de la Chancellerie n’a pas su que ce médecin pratique illégalement l’avortement », s’est-elle insurgée. Et de s’interroger: «Le roi pourrait-il décorer un médecin habitué à pratiquer des avortements?».

L’avocate a tenu, par ailleurs, à souligner que son client âgé de 68 ans a des problèmes d’audition et qu’il lui a été interdit de changer la pile de son appareil auditif. Selon elle, il a été interrogé par la police sans son appareil. Idem dans son passage devant le procureur du roi et devant le juge. «Peut-être qu’il n’arrive même pas à déchiffrer ce qu’on dit», a-t-elle ironisé nous apprend la même source.

Pour rappel, la journaliste Hajar Raissouni, âgée de 28 ans, a été placée en détention après son avoir été arrêtée le 31 août à la sortie d’un cabinet médical de Rabat. Son arrestation ainsi que celle de son fiancé et de son médecin a provoqué un tollé sur les réseaux sociaux et suscité la colère et l’indignation d’activistes et d’acteurs de la société civile.

Enfin, le tribunal de première instance de Rabat a décidé de reporter le procès de la journaliste Hajar Raissouni, poursuivie en détention pour “avortement illégal” et “relations sexuelles extraconjugales”.