Grève des pilotes de la RAM: déjà deux vols annulés

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Début de la saison estivale, retour des MRE, départ imminent des pèlerins pour le Hajj…autant dire que la période choisie par l’Association des pilotes de ligne (AMPL) est cruciale pour exercer la pression sur la direction de la RAM.
Pourtant l’AMPL ne qualifie pas ce débrayage de «grève», mais évoque un «mouvement» qui a déjà causé l’annulation de deux vols aujourd’hui et perturbé le trafic. Selon une source au sein de la compagnie nationale, ce mouvement pourrait s’accélérer dans les prochaines heures en raison de l’effet boule de neige et causer de graves pertes à la RAM qui verra plusieurs avions cloués au sol.
Quant aux raisons de ce mouvement, rien de nouveau sous le soleil: les négociations entre la direction de la RAM et l’AMPL se sont enlisées principalement en raison des revendications salariales. D’un côté, les pilotes exigent une augmentation, pour certains de 30 000 DH net, sans même la possibilité d’une ventilation sur trois ou quatre ans. De l’autre côte, la direction de la RAM a fait savoir qu’il s’agit d’une demande que la compagnie ne pourra satisfaire. Le lundi 16 juillet, le dernier round des négociations entre les deux parties a validé cet état de fait.
Dans le trou noir
Pour exprimer son inflexibilité, le PDG de la RAM, Abdelhamid Addou, a envoyé une lettre à l’Association marocaine des pilotes de ligne (AMPL), pour décrier cette grève. Dans la forme, Addou s’est adressé à ce qu’il a qualifié de «minorité influente». Tout en exposant les efforts consentis pour améliorer les conditions de travail du personnel, Addou a distillé plusieurs informations qui en disent plus sur l’état de santé de la compagnie.
On y apprend que la RAM souffre de stagnation depuis 20 ans, que ses finances battent de l’aile au point que cette grève pourrait causer l’annulation des commandes prévues de nouveaux avions. Par ailleurs, Addou a jugé que cette grève « affectera l’image de la compagnie déjà écornée» et «fera le jeu des détracteurs de l’entreprise et favorisera nos concurrents directs, heureux de cette aubaine inespérée». Affaire à suivre.