Domaines maritimes: l’Espagne sous la double pression du Maroc et de l’Algérie

DR.

Le pays ibérique doit mener une bataille sur deux fronts après que ses deux voisins du sud, le Maroc et l’Algérie, aient décidé d’élargir leurs domaines maritimes respectifs. 

L’Algérie, est accusée par l’Espagne de s’être accaparée les eaux de l’île de Cabrera (archipel espagnol des Baléares). L’information fait la Une des quotidiens espagnols, ce mercredi 19 février et a même été débattue au Parlement régional de l’archipel.

Cette polémique intervient alors qu’Alger avait acté l’extension de son espace maritime en avril 2018. Plus concrètement, il s’agit de l’annexion d’une partie des eaux du parc national de l’île espagnole de Cabrera, souligne TSA.

 

Lire aussi: Pourquoi l’élargissement des frontières maritimes du Maroc inquiète l’Espagne

 

Mais il semblerait que les politiques espagnols ne s’en soient rendus compte que récemment, rapporte le journal espagnol El Mundo. Deux ans après cette décision unilatéralement prise par l’Algérie, la question devrait enfin arriver au Congrès et au Sénat espagnols dans les prochains jours, précise le site d’El Mundo.

Les eaux de la discorde

Plus tôt cette année, l’Italie avait également haussé le ton après la décision algérienne de revoir la délimitation de sa zone économique exclusive qui atteignait la Sardaigne. Avec un temps de retard, c’est l’ancien président sarde Mauro Pili qui a soulevé la question au début de ce mois, affirmant que «l’Algérie s’empare des eaux territoriales de la Sardaigne. Après la tentative déjouée de la France il y a quelques années au nord de l’île, le blitz vient maintenant du sud et il est écrit en arabe», note le média local Sardegna Live.

 

Lire aussi: Domaine maritime: les deux projets de loi adoptés par la Chambre des conseillers

 

Il assure aussi que la décision de l’Algérie«est un acte unilatéral qui, bien qu’autorisé par la réglementation internationale, a trouvé l’État italien en sommeil et incapable de proposer sa propre revendication». Et d’ajouter que «le risque est maintenant que l’Italie, n’ayant pas pris toutes les mesures nécessaires en temps voulu, se retrouve au bord de ses eaux territoriales avec une zone d’eaux internationales appartenant exclusivement à un autre État, en l’occurrence l’Algérie».

Parallèlement à la décision algérienne, le Maroc vient également de revoir son espace maritime en instituant une zone économique exclusive sur 300 milles nautiques. Une décision qui a suscité une forte polémique chez nos voisins ibériques qui accusent le Maroc de s’accaparer les eaux des Canaries.

Des négociations en cours

Les premiers à s’être insurgé sont les élus canariens qui dénoncent le manque de concertation concernant le processus. Le pays a ainsi exigé un accord bilatéral sur la question. En réponse, l’exécutif marocain notait que «cette action législative souveraine, ne signifie pas la non-ouverture du Maroc sur une solution de tout conflit éventuel avec ses voisins.»

 

Lire aussi: Domaine maritime: les îles Canaries votent une motion rejetant le projet de loi marocain

 

Lors d’une conférence de presse, tenue ce mercredi, la ministre espagnole des Affaires étrangères, Arancha González Laya a expliqué que «contrairement au Maroc, où il n’y a pour le moment qu’une manifestation d’intérêt pour délimiter les eaux marines, il y a deux ans, l’Algérie a présenté sa vision de la délimitation de ses eaux territoriales».

Lorsque l’Algérie a voté ce décret, «l’Espagne a porté à sa connaissance qu’elle s’y opposait», précise la ministre espagnole citée par l’agence de presse EFE.