Covid-19: du nouveau dans l’affaire de trafic de tests PCR à Fès

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L’enquête sur le trafic de tests PCR au CHU de Fès se poursuit. Premières révélations sur ce mini-réseau organisé par deux médecins internes avec l’aide d’intermédiaires.

Le CHU Hassan II de Fès est encore sous la loupe de la police judiciaire locale. Après l’arrestation des deux internes, plusieurs interrogatoires ont été menés pour faire tomber ce qui semble ressembler à un véritable réseau.

Les deux suspects arrêtés ce dimanche 29 novembre sont, selon des sources du quotidien Akhbar Al Yaoum, des médecins internes qui poursuivent leur formation en 2e année à la faculté de médecine et de pharmacie de Fès.

Les deux médecins agissaient avec l’aide d’intermédiaires chargés de contacter les personnes souhaitant effectuer un test PCR contre le Covid-19, souligne la même source. Ils se rendaient alors au domicile des patients et effectuaient des prélèvements qu’ils transféraient au laboratoire d’analyses du CHU.

D’ailleurs, l’un des médecins a été interpellé en pleine action, alors qu’il percevait 500 DH d’une femme après un test à domicile. Les deux suspects enregistraient les noms de leurs clients sur la base de données du CHU, comme étant des patients «Covid» de l’hôpital.

 

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Une pratique illégale, qu’un second médecin pratiquait également et qui a été écroué quelques heures seulement après l’arrestation de son confère. Au total, les deux médecins auraient ainsi volé quelque 50 tests PCR au CHU, précise la même source.

Les deux suspects ont été présentés devant le procureur général mardi matin, après la fin de leur garde à vue.

 

Un scandale de plus

 

Par ailleurs, des sources au sein de l’hôpital expliquent au quotidien arabophone que «quatre autres médecins internes, dont deux médecins d’origine subsaharienne, ont également fait l’objet d’un interrogatoire, après avoir été convoqués par la police lundi 30 novembre».

La même source rappelle que l’hôpital universitaire, géré par Khalid Ait Taleb depuis 2003, jusqu’à sa nomination à la tête du ministère de la Santé en octobre 2019, n’en est pas à son premier scandale.

En effet, en début d’année, l’hôpital avait fait l’objet d’une enquête pour des détournements de médicaments et de produits médicaux publics qui étaient commercialisés en dehors de tout cadre juridique.

 

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Les mis en cause, arrêtés fin février, étaient  un représentant commercial d’une entreprise privée de produits pharmaceutiques et un infirmier. Les perquisitions menées par la DGSN aux domiciles des deux suspects à Meknès et Fès ont permis la saisie de 2.007 médicaments et produits anesthésiants, ainsi que des équipements médicaux et paramédicaux dont la valeur dépassait les 90.000 DH.