Cocaïne: comment le Maroc est devenu une plaque tournante et un marché pour les narcos

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Face au contrôle accentué des pays européens, les trafiquants de cocaïne se tournent vers l’Afrique du Nord pour faire transiter leurs marchandises illégales.

A l’occasion de la publication du rapport 2019 de l’Organe international de contrôle de stupéfiants (OICS), une conférence a eu lieu à Rabat vendredi dernier avec la participation de Jalal Toufik, expert et membre de l’organisation onusienne, rapporte ce jour L’Économiste.

« Les réseaux de trafic, quand ils passent par un pays, s’arrangent pour laisser une partie de la marchandise sur place. Ce système permet de financer le transit et de créer un marché local », explique l’expert.

En effet, le rapport met en lumière les nouveaux circuits de la cocaïne, venue d’Amériques latine et centrale et destinée au marché européen. Face au contrôle accentué de ces pays, les trafiquants se tournent vers l’Afrique du Nord pour faire transiter leurs marchandises illégales. Malgré les saisies régulières, le marché va bon train.

 

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Si une partie du trafic reste dans les pays subsahariens (Côte d’Ivoire, Kenya, Nigeria, Tanzanie, Afrique du Sud), le reste remonte toujours par le Sahara vers l’Afrique du Nord, poursuit le quotidien. Une partie de la marchandise est alors écoulée sur le marché marocain.

La cocaïne passe par le Maroc soit par voie maritime (en profitant de la situation sécuritaire fragile et des frontières poreuses au Sahel et au Sahara), soit par voie aérienne. Pour faire face à ce trafic en plein essor, l’aéroport Mohammed V de Casablanca a bénéficié de mesures de contrôle ayant permis le démantèlement de divers réseaux dans ce créneau.

A titre d’exemple, une seule opération en 2017 a permis la saisie de plus de 2.500 kg de cocaïne et de faire tomber un réseau opérant en Europe et en Amérique latine, selon un document du ministère de l’Intérieur.

Le rapport de l’OICS a également abordé la question de la prévention chez les jeunes aux problèmes de la drogue. Jalal Toufik a souligné que le Maroc est le seul pays du continent africain et du Moyen-Orient à mener des « études régulières » à ce sujet.