Aïd Al Adha à Sebta: les musulmans en colère demandent l’aide du Maroc

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L’enclave de Sebta s’apprête à fêter l’Aïd Al Adha dans des conditions sans précédent cette année. Le gouvernement local est fortement critiqué par les habitants, à majorité musulmane. Ces derniers demandent une intervention du Maroc.

C’est un aïd atypique que s’apprête à célébrer bon nombre de musulmans. Dans la petite enclave de Sebta, les célébrations seront marquées par plusieurs interdictions décidées par le gouvernement d’alliance droite-extrême droite. Elle sera par conséquent l’unique ville aux côtés de Carthagène (sud-est de l’Espagne) à décréter ces interdictions.

En effet, le président de Sebta a annoncé que «les exportations de bétail vers Sebta ont été limitées, que l’abattoir va être fermé, qu’aucune tente ne sera installée et qu’il est interdit à quiconque de venir au parc d’engraissement pour acheter son animal». Une décision que le gouvernement dit adopter, en tenant en compte des recommandations des autorités sanitaires et dans un contexte marqué par le Covid-19.

 

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Toutefois, cette décision n’a pas été appuyée par l’opposition, ni les partis musulmans de la ville, qui souligne «la faute de volonté politique» dont fait preuve le gouvernement de droite. Ahmed Subaire, président de la Communauté musulmane d’Espagne (CME) à Ceuta va plus loin en qualifiant cette décision «de raciste dans un pays non confessionnel qui ne respecte pas le droit au culte».

Le président demande une aide du Maroc dans une vidéo publiée à cet effet sur les réseaux sociaux. Une aide réclamée par le président qui évoque «l’attachement de Ceuta au Maroc» et aussi le statut du «roi Mohammed VI, commandeur des croyants».

Pour sa part, le gouvernement de la ville a annoncé qu’ils s’engageaient à constituer un groupe de travail pour proposer des conditions et des résolutions pour garantir, dès l’année prochaine, la célébration de l’Aïd Al Adha.