220 jihadistes marocains se sont radicalisés de nouveau après leur sortie de prison

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Selon une étude réalisée par l’institut américain Carnegie, 220 des jihadistes marocains se sont radicalisés de nouveau après avoir quitté la prison.

Selon une étude américaine réalisée par l’institut Carnegie et relayée par Al Massae dans sa parution du samedi 16 février, le Maroc a arrêté plus de 3000 jihadistes entre l’année 2002 et 2018 et démantelé 186 cellules terroristes dont 65 sont affiliées à Daech. L’étude précise que le taux des personnes qui se radicalisent de nouveau une fois sortit de prison s’élève à 220 personnes.

Parmi ces personnes, plusieurs ont dirigé des cellules terroristes après leur sortie de prison, surtout depuis l’an 2015. L’étude cite comme exemple les responsables du drame d’Imlil dont trois avaient été précédemment arrêtés. L’un d’eux est d’ailleurs Abdessamad Jaouad qui a été condamné à quatre ans de prison en 2014 pour avoir essayé de rejoindre les camps de Daech en Syrie.

 

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Selon l’étude, le fait que la société civile ne joue aucun rôle dans la lutte contre la radicalisation est parmi les facteurs qui poussent d’anciens djihadistes à emprunter de nouveau la même voie. L’étude ajoute que l’approche sécuritaire du pays empêche la société civile d’apporter sa contribution dans ce domaine, sauf quand il s’agit de collaborer avec les autorités. Comme exemple d’illustration, l’étude rappelle que le programme de développement humain qui vise, entre autres, de combattre les endroits où germe la radicalisation dans les zones pauvres, est géré par le ministère de l’Intérieur depuis 2005.

 

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L’étude note également qu’aucune stratégie pour la réinsertion des salafistes jihadistes prisonniers n’a été élaborée avant 2016. En cette année, la Délégation générale de la direction des prisons avait collaboré avec la Rabita Mohammedia des oulémas ainsi que le Conseil national des droits de l’homme pour la réinsertion des anciens jihadistes à travers trois approches : la réconciliation avec soi, avec la société et avec les textes religieux.