Les agriculteurs espagnols mis à mal par la concurrence marocaine

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Les agriculteurs espagnols se trouvent accablés face à la concurrence marocaine qui s’accapare de plus en plus de parts de marché, rapporte la Fédération espagnole des associations de producteurs exportateurs de fruits, légumes, fleurs et plantes vivantes (FEPEX).

Dans une récente publication sur l’évolution des exportations espagnoles de fruits et légumes frais au titre de l’année 2020, la FEPEX confirme que le secteur primaire marocain prend de plus en plus de parts de marché à son voisin espagnol sur l’échiquier mondial (+8% à l’issue de la campagne 2019/2020). Ce bon résultat -croissance record en 2020 malgré la pandémie- est du à la récolte de la tomate, de l’orange et de la clémentine, soit les trois fruits qui engendrent le plus de recettes en devises pour le Maroc.

Ainsi, les professionnels espagnols s’inquiètent de la croissance des importations marocaines dont les périodes coïncident avec la production espagnole, sans que les conditions de concurrence, tant en termes de production, que les aspects sociaux ou environnementaux, soient les mêmes, rapporte le média local Diario de Almeria. En effet, les contrôles et les coûts de production (en particulier pour la main-d’œuvre) sont bien inférieurs au Maroc que dans la péninsule ibérique.

Une concurrence doublement préoccupante car elle se produit à la fois sur le marché national et sur les marchés étrangers, dont dépend l’essentiel du chiffre d’affaires du secteur espagnol des fruits et légumes. En ce qui concerne le marché des fruits, la gamme des produits importés en partie du Maroc est également en croissance.

 

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En 2019, les importations espagnoles de fruits et légumes frais ont dépassé 3.500.000 tonnes, avec une croissance de 35% au cours des 5 dernières années, mettant en évidence le poids du Maroc, avec une augmentation de 81% des importations provenant de ce pays. Par rapport à ce pays, l’évolution des importations espagnoles est particulièrement grave dans les produits ayant le même calendrier de production, comme la tomate, la pastèque ou la framboise, avec une croissance de 138%, 132% et 381%, respectivement, avec un fort impact sur prix en Espagne, écrit la FEPEX dans sa récente note.

A ce jour, et comme le montrent les données fournies par Coexphal (association d’exportateurs en Espagne), les achats de légumes à l’étranger de janvier à octobre 2020 se sont élevés à 1,2 million de tonnes (+ 4%) pour une valeur de 716 millions d’euros (-3%), concentrés sur trois produits principaux: les pommes de terre, qui représentent plus de la moitié du volume total des légumes importés par l’Espagne, avec 678.957 tonnes; la tomate et les haricots verts, ces deux derniers légumes, enregistrant des volumes éloignés de la de pommes de terre, dépassent quand même les 100.000 tonnes et affichent une tendance à la hausse sur la plupart des mois de 2020.

Jusqu’en octobre, les achats de tomates sont passés à 141.118 tonnes (+ 3%) et ceux de haricots verts s’élevait à 106.136 tonnes (+12), le Maroc étant le principal fournisseur dans les deux cas, souligne le site espagnol.

Concrètement, les caisses de la banane et de l’orange occupent les deux premières positions, avec respectivement 258.836 tonnes et 184 326 tonnes, pour une valeur de 144 millions d’euros et 157 millions d’euros. L’avocat se démarque également avec des volumes importants, 146 761 tonnes pour 286 millions d’euros; la pomme, avec 143 004 tonnes pour 124 millions d’euros; la pastèque, avec 109.161 tonnes pour 62 millions d’euros et enfin le kiwi, avec 116.641 tonnes pour 210 millions d’euros.