Vidéo-Diapo. Attention, "Boukhancha" arrive!

à 19:15
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Au vu de son titre, le court-métrage «Boukhancha» semblerait être un film qui revisite un mythe marocain qui a longtemps bercé notre enfance. Pourtant, le film d’El Houari Ghoubari est bien plus complexe et explore différents thèmes et univers. Eclairage.

S’inspirer de l’histoire d’un célèbre tueur en série marocain, en profiter pour explorer également la misogynie et la violence et envelopper le tout de mystère en faisant référence à un mythe marocain. Telle a été la formule gagnante d’El Houari Ghoubari, un réalisateur belge dont le troisième court-métrage «Boukhancha» fait déjà beaucoup parler de lui.

«Boukhancha», ce nom qui incarne notre peur infantile n’est dans ce film qu’un prétexte utilisé par le réalisateur pour raconter une histoire inspirée de celle du tueur en série «Boussama», connu pour avoir assassiné une vingtaine de personnes en une année. Boukhancha tue en pleine forêt comme le fait Boussama, et se balade muni d’une «Khencha», un sac traditionnel, comme le veut le mythe. Il est violent et impitoyable quand il s’empresse de tuer chaque femme qui croise son chemin mais fragile et vulnérable quand il caresse ses poupées comme dans un vain espoir de se sentir aimé.

«Boukhancha n’est pas un tueur «ordinaire» mais un tueur qui peut ressembler à un enfant sauvage, ce qui explique la présence des poupées. Ces dernières dévoilent son côté fragile alors que tuer fait de lui un être impitoyable. Un paradoxe qui fait de boukhancha un personnage qui vit avec un conflit intérieur», nous explique El Houari Ghoubari.

Brillament interprété par l’acteur Mbarek El Mahmoudi, «Boukhancha» incarne également «la misogynie excessive des hommes, une violence contre la femme qui ne finira que grâce aux femmes, elles-mêmes», tel que symbolise la scène où on voit finalement le personnage interprété par la célèbre actrice marocaine Raouia, tuer Boukhancha. Le court-métrage a également connu la participation de Kamal Cadimi et Raouia, Ibtissam Kamal et Hassnaa Moumni. C’est Kamal Cadimi qui a d’ailleurs produit le film tourné dans la forêt de Bouskoura, située à quelques kilomètres de Casablanca.

El Houari Ghoubari est un réalisateur et auteur marocain. Avant «Boukhancha», Ghoubari a réalisé les deux court-métrage «Alkadia f taguia» et «Toffaha». Il a également écrit le recueil poétique «Haddatani almaa/L’eau m’a dit» et a co-écrit le livre «Bruxelles la marocaine » et rédigé plusieurs articles pour différents journaux marocains.