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    Numéro dépôt légal : ص 2018/22

    Le film « Razzia » sera projeté ce soir dans les salles obscures du Maroc. H24Info l’a vu en avant-première, ce mardi 13 février. Et voici ce qu’on en pense.
    Un peu à la manière du film Babel d’Alejandro Gonzalez Innaritu, « Razzia » est un film choral avec cinq histoires distinctes qui finissent par être liées par le destin de leurs personnages. La scène d’ouverture du nouveau long-métrage de Nabil Ayouch séduit par son côté intrigant.
    « S’envoler, partir…Qu’importe la langue si vous leur ôtez la voix. Qu’importe la foi si vous leur enlevez le rêve », entend-on Amine Naji dire dans le rôle de Abdellah, un professeur dans un village berbère dans les montagnes de l’Atlas. Au fil de l’intrigue, on comprend que ces phrases font allusion aux réformes du système éducatif lors des années 80, ou ce qu’on appelle aujourd’hui l' »arabisation », que le personnage et les enfants villageois vivent très mal.
    Mais pas que. Le personnage de Salima est lui aussi privé de « sa voix » par un mari manipulateur qui refuse son émancipation. Tout au long du film, on voit Salima souffrir d’un mariage malheureux et se défendre contre une société perverse où la femme n’a toujours pas sa place. Le thème de l’avortement est lui aussi abordé à travers le personnage qui est interprété par Maryam Touzani, co-scénariste du film.
    Pendant le film, la chanson « I wanna break free » revient très souvent, interprétée par Hakim, un jeune homme de la médina fan de Freddy Mercury. Il s’agit peut être d’une manière pour Nabil Ayouch de symboliser la volonté de tous les personnages de se détacher de l’intolérance et de l’incompréhension subis par la société.
    Le personnage de Hakim évoque subtilement le sujet de l’homosexualité, encore tabou surtout dans les milieux populaires. Le rôle est brillamment interprété par Abdelilah Rachid, un des héros des chevaux de Dieu.
    A travers ce film, Nabil Ayouch brosse un tableau de la société marocaine contemporaine. Tout y passe, l’antisémitisme vécu par le personnage de Joseph, propriétaire sympathique d’un restaurant à Casablanca. Le côté superficiel des milieux bourgeois, dont souffre le personnage d’Inès. Mais aussi l’injustice sociale contre laquelle se révoltent de jeunes manifestants en quête de leurs droits.
    Pour faire court, « Razzia » est un film qui soulève de nombreux sujets tabous sans manichéisme et qui pousse à réfléchir. Les personnages sont bien interprétés et le scénario profond et tragique a su allier humour, provocation et poésie. Les images prises dans les montagnes de l’atlas méritent quant à elles une mention spéciale. Une chose est sure, Nabil Ayouch a signé un retour gagnant après le très controversé « Much loved ».

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