Hajja Hamdaouia: une vie engagée et un legs monumental

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Icône de la chanson, révolutionnaire et féministe, Hajja Hamdaouia n’est plus. Une vie mouvementée et engagée durant laquelle, elle façonnera à jamais la chanson populaire marocaine.

Née en 1930 dans le quartier Derb Sultan à Casablanca, Hajja Hamdaouia de son vrai nom Fatima El Gout, s’est éteinte à l’âge de 91 ans, tôt ce lundi 5 avril à Rabat.

Sa vie a été marquée par le colonialisme, l’exil et la célébrité. Toute jeune, Hajja Hamdaouia côtoiera les plus grands artistes de la médina de Casablanca. Ses premières apparitions seront aux côtés de la mythique troupe de Bachir Laalej, mêlant humour et chant.

Hajja Hamdaouia innove et se produira par la suite aux côtés d’un orchestre. Du jamais vu à cette époque, où l’Aïta, le chant des « Cheikhates », était marginalisé. Toujours tirée à quatre épingles lors de ses prestations, Hamdaouia imposera son nouveau style.

Ses textes sont engagés. On lui doit le fameux tube «Waili a chibani» (1953), où elle s’adresse à Mohammed Ben Arfa, le sultan illégitime. Une prise de parole qui la forcera par la suite à s’exiler en France.

Dans la capitale française, Hajja Hamdaouia se produit dans de petits cabarets et écrit sans relâche. La chanteuse tombe dans l’oubli, mais après le retour du roi Mohammed VI, elle regagne son pays, se refait un nom et arpente de nouveau les estrades à travers tout le royaume.

Ses chansons, souvent osées, deviendront de véritables tubes et classiques de la chanson marocaine. Hajja Hamdaouia se produit encore dans les années 2000, et donnera des concerts notamment à l’Olympia et Bercy.

En 2013, la chanteuse ayant connu les trois rois, se voit décorée du Wissam Al-Moukafa Al-watania (ordre du mérite national) par le roi Mohammed VI.