Selon un journal italien, Marine Le Pen a traité François Fillon de «merde»

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Le Front national évoque des propos mal compris et annonce des poursuites. Mais le journaliste du quotidien Il Corriere della Sera auteur de l’entretien confirme auprès de plusieurs médias.

Cette dernière journée de campagne n’est pas de tout repos pour Marine Le Pen. Après avoir été accueillie par des œufs et des huées à l’occasion de sa sortie-surprise à la cathédrale de Reims, la candidate se trouve au cœur d’une nouvelle polémique. À l’occasion de la parution d’une interview dans le célèbre quotidien italien, Il Corriere della Sera, Marine Le Pen est accusée d’avoir insulté l’un de ses anciens concurrents, François Fillon. Interrogée sur les qualificatifs de «violence» et «d’intolérance» accolés au FN par l’ancien candidat LR, qui a appelé à voter pour Emmanuel Macron, la finaliste de la présidentielle a répondu, selon l’auteur de l’entretien: «Parce que ce sont des merdes: pardon, mais aucun autre terme ne me vient».

De quoi mettre en difficulté la candidate, alors qu’elle tente notamment de s’adresser aux électeurs déçus de François Fillon dans la dernière ligne droite avant le second tour. Très vite, les responsables du FN ont démenti ces propos. Frédéric Chatillon, figure controversée, membre et proche de Marine Le Pen dit avoir assisté à l’entretien. «C’était vraiment une conversation (en français sans traducteur) avec un verre à la main et non pas une interview formelle. Marine a dit “Fillon a appelé à voter Macron car il est dans la merde”. Ce n’était pas une interview mais une conversation décousue. Et le journaliste ne parlait pas parfaitement français», a-t-il rapidement assuré sur Twitter. Des propos confirmés dans la foulée à l’AFP.

«Le journaliste italien confirme qu’il avait mal compris et retranscrit les propos en cause. Ce qui a été repris est donc faux», a rapidement renchéri sur Twitter David Rachline, directeur de campagne. Pourtant Aldo Cazzulo, journaliste réputé en Italie et auteur de l’interview, dit tout autre chose: «Je ne peux que confirmer ce que j’ai écrit. Elle a dit: ‘Ce sont des merdes’. J’ai fait mon travail», a-t-il certifié à l’AFP. Il concède par ailleurs qu’il s’agissait d’une «conversation» effectivement retranscrite sous forme d’interview. Auprès de France Info, il développe: «Je confirme ce que j’ai écrit, c’était ‘merdes’ au pluriel, mais elle pensait sûrement à François Fillon, pas à son entourage, à son parti ni à ses électeurs. Je ne veux pas entrer dans la polémique française. Je ne cherche pas à jouer un rôle».

Selon @corriere, Le Pen a qualifié hier Fillon de « merde ». Le FN dément. Le journaliste maintient tout. Le FN annonce une plainte #AFP

Des poursuites annoncées

De son côté, le FN maintient ses contestations auprès du Figaro et menace de poursuites: «Nous allons l’attaquer, moi aussi j’ai été témoin de cet échange et les mots retranscrits n’ont jamais été prononcés», assure David Rachline. «Ce journaliste est de mauvaise foi, il fait probablement