Virus: l’Italie totalise le plus grand nombre de morts en Europe

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Crédit: AFP.

L’Italie a totalisé samedi le plus grand nombre de morts du nouveau coronavirus en Europe depuis le début de l’épidémie – soit 64.036 -, prenant la place du Royaume-Uni pour ce dramatique record.

Samedi, le ministère italien de la santé a annoncé 649 morts supplémentaires en vingt-quatre heures et 19.903 nouveaux cas positifs.

Dans le monde, seuls les Etats-Unis, le Brésil, l’Inde et le Mexique ont été plus endeuillés depuis le début de l’épidémie.

Parmi les pays les plus durement touchés (hors micro-Etats), la Belgique est toutefois celui qui déplore le plus grand nombre de morts dans le monde par rapport à sa population, avec 154 décès pour 100.000 habitants, suivie par le Pérou (111), l’Italie (106) et l’Espagne (102). Le Royaume-Uni enregistre lui 94 morts pour 100.000 habitants.

« Je suis préoccupé pour les deux semaines de fêtes de Noël », a commenté samedi le ministre italien de la Santé, Roberto Speranza.

 

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Selon des données compilées par l’AFP sur l’Europe, l’Italie est passée samedi devant le Royaume-Uni (comptant dix décès de moins, 64.026 morts), suivie de la France (57.567), de l’Espagne (47.624), de la Russie (46.453) et de la Pologne (22.676).

L’Italie, 60 millions d’habitants, le premier pays européen frappé durement par la première vague du virus, connaît néanmoins actuellement un ralentissement des nouveaux cas de coronavirus quotidiens après avoir appliqué un système de restrictions régionales, en trois couleurs, en fonction des risques sanitaires.

« Le nombre de nouveaux cas est encore significatif, même si la courbe est en décroissance », a toutefois insisté samedi le président de l’Institut supérieur de la santé italien, Silvio Brusaferro, lors d’un bilan hebdomadaire devant la presse.

« Les déjeuners avec des dizaines de personnes à Noël sont à proscrire. Souvenons-nous que les contacts sans masques et sans distanciation augmentent la probabilité pour que le virus se propage.  Il faut adopter une grande prudence, peu bouger, être très attentifs quand nous rencontrons des personnes en dehors de notre cercle restreint », a-t-il recommandé aux Italiens.

Pour le ministre italien des affaires régionales, Francesco Boccia, le nombre de morts est « intolérable » et « si en décembre les comportements ne sont pas rigoureux, le risque d’une troisième onde est assez certain ».

Le Royaume-Uni avait dépassé l’Italie en nombre de morts le 6 mai, avec alors près de 30.000 décès du coronavirus dans le pays.

Durant l’été, l’Italie était apparue comme un pays vertueux ayant plutôt bien tiré son épingle du jeu, mais le nombre de cas s’est remis à grimper brusquement à l’automne après les imprudences des vacances estivales et la réouverture des écoles.

Ainsi, depuis le 1er novembre, l’Italie -qui compte l’une des populations les plus âgée d’Europe- a enregistré plus de 25.000 décès, soit autant qu’entre le 2 avril et fin octobre.

 

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Et sur les 7 derniers jours, parmi les pays européens, l’Italie a enregistré le plus grand nombre de nouveaux morts du Covid-19 (4.522), devant la Russie (3.769), l’Allemagne (2.949), le Royaume-Uni (3.012) et la Pologne (2.815).

Les médecins continuent à payer un lourd tribut: 251 d’entre eux sont décédés depuis le début de l’épidémie, selon un décompte de l’association nationale de la profession. Parmi eux, Francesco Gasparini, un anesthésiste retraité de 67 ans qui avait repris du service.

« Au cours de cette deuxième vague, ce sont surtout des médecins généralistes qui paient le plus lourd tribut », a souligné le dirigeant de l’association Filippo Anelli, une situation due à une plus grande circulation de personnes positives asymptomatiques. « Nous devons mettre fin à ce massacre », a-t-il commenté.