Vienne pleure ses morts, l’assaillant tué par la police était un « sympathisant » de l’EI

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(Photo by GEORG HOCHMUTH / APA / AFP) / Austria OUT

Le principal auteur de l’attentat qui a terrorisé Vienne dans la nuit et fait au moins quatre morts avant d’être tué par la police est un « sympathisant » du groupe jihadiste Etat islamique, originaire de Macédoine du Nord, ont annoncé mardi les autorités autrichiennes.

L' »attaque terroriste », selon les termes du chancelier Sebastian Kurz, s’est déroulée lundi soir en plein coeur de la capitale autrichienne, près d’une importante synagogue et de l’Opéra.

Mardi, une grande partie du centre était toujours bouclée. Sur les lieux de l’attentat, des officiers de la police scientifique relevaient des indices.

Les enquêteurs cherchent désormais à déterminer si l’assaillant a agi seul ou si d’autres suspects ont participé aux fusillades. Ils ont multiplié les opérations mardi, menant 15 perquisitions et procédant à des interpellations, a précisé le ministre de l’Intérieur Karl Nehammer à l’Agence de presse APA.

« Il est difficile pour nous de dire si l’attaque a été menée par un auteur ou plusieurs », a reconnu la police.

– Condamné en 2019 –

Mardi, des éléments ont commencé à filtrer sur l’identité de l’homme armé qui a été abattu par les forces de l’ordre. Agé de 20 ans, Kujtim Fejzulai était originaire de Macédoine du Nord et aussi détenteur de la nationalité autrichienne, a précisé M. Nehammer à l’agence de presse APA.

Il avait été condamné en 2019 à 22 mois de prison pour avoir tenté de rejoindre la Syrie afin de s’enrôler au sein de l’Etat islamique (EI).

Le gouvernement autrichien avait auparavant indiqué que le jeune homme, armé d’un fusil d’assaut et d’une ceinture d’explosifs factice, était « un sympathisant » de l’EI, selon les indices recueillis dans son logement.

L’Autriche, sous le choc, a décrété trois jours de deuil national après ce que le chancelier Sebastian Kurz a qualifié d' »attaque terroriste répugnante ».

A travers le pays, les drapeaux ont été mis en berne sur les bâtiments publics et une minute de silence observée à midi, tandis que les cloches des églises sonnaient.

Le chef du gouvernement, le président Alexander Van der Bellen et d’autres hauts responsables ont participé à une cérémonie en hommage aux victimes.

– ‘Des centaines de salves’ –

Les riverains étaient encore sonnés, en oubliant même le confinement entré en vigueur ce mardi pour lutter contre la seconde vague de la pandémie de Covid-19.

Le rabbin de la communauté juive de Vienne, Schlomo Hofmeister, s’est dit « inquiet » que l’attaque ait pu être liée à la synanogue. « Aucun indice ne le confirme mais nous ne pouvons pas l’exclure », a-t-il confié à l’AFP. « Le bâtiment était fermé à ce moment de la journée et ce quartier est LE quartier animé de la ville ».

Il a assisté à la scène depuis la fenêtre de son appartement. « L’homme s’est dirigé en courant vers les clients des bars avec son arme, il a tiré des dizaines, peut-être même des centaines de salves », a-t-il témoigné. « Il faisait doux et c’était la veille du confinement, il a certainement profité de la situation pour faire un bain de sang ».

Parmi les quatre victimes, figurent un homme et une femme âgés, un jeune passant et une serveuse, a précisé le chancelier Kurz.

Quinze personnes restaient hospitalisées, dont trois dans un état critique, selon l’association hospitalière de Vienne.

 

 

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Des policiers et des soldats ont été mobilisés pour protéger les bâtiments importants de la capitale, et les enfants ont été dispensés d’école mardi.

« Nous ne nous laisserons jamais intimider par le terrorisme et nous combattrons ces attaques avec tous nos moyens », a affirmé Kurz, alors que cet attentat intervient dans un climat très tendu en Europe.

En France, trois personnes ont été tuées jeudi dans une attaque au couteau à la basilique Notre-Dame-de-l’Assomption de Nice (sud-est) par un jeune Tunisien récemment arrivé en Europe.

Quelques jours auparavant, la décapitation de Samuel Paty, professeur d’histoire qui avait montré des caricatures de Mahomet à ses élèves dans un cours sur la liberté d’expression, avait choqué en France et au-delà.

L’Autriche avait été jusqu’ici été relativement épargnée par la vague d’attentats islamistes survenue en Europe ces dernières années.