Vidéos. Des campements de migrants de nouveau évacués à Paris

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©SamSmith

Les préfectures de police de Paris et d’Île-de-France évoquent une opération de «mise à l’abri» pour mettre fin à des campements qui présentent des risques importants pour la sécurité et la santé de leurs occupants et des riverains.

Pour la 34e fois en deux ans, les autorités procédaient ce vendredi matin à l’évacuation de plusieurs campements dans le nord de Paris, à quelques jours de la présentation par le gouvernement d’un «plan migrants». Plus de 2000 migrants s’étaient installés depuis plusieurs semaines porte de La Chapelle, près d’un centre humanitaire très vite saturé. «Cette opération mobilise près de 350 effectifs de la préfecture de Police ainsi qu’une centaine de personnels de l’État et de ses partenaires», affirment la préfecture de police et la préfecture d’Ile-de-France dans un communiqué commun, précisant que les migrants se verront «proposer une solution d’hébergement provisoire en Île-de-France».

Plusieurs centaines d’Afghans, Soudanais, Somaliens se pressaient vers 6 heures en groupes serrés près du centre humanitaire pour migrants ouvert en novembre porte de la Chapelle dans l’attente de leur évacuation imminente. Cette opération mobilise une soixantaine de bus, selon la préfecture d’Île-de-France. Des journalistes présents sur place ont pu filmer l’opération de police.

 

Milat, un Afghan de 19 ans, petit sac à dos pour tout bagage, est arrivé porte de la Chapelle il y a deux mois. «On a appris hier qu’il se passerait quelque chose. On va monter dans des bus et ils vont nous emmener dans des hôtels, des centres. Je ne sais pas où mais ce sera bien. Ici la vie n’était pas bien. Je dormais près de l’autoroute», raconte-t-il. La préfecture a indiqué qu’elle procédait à «la mise à l’abri» des occupants de plusieurs campements de voie publique «illicites, qui présentent des risques importants pour la sécurité et la santé de leurs occupants comme des riverains».

 

Cette évacuation était très attendue alors que le campement ne cessait de grossir et les conditions de vie s’y dégrader, aussi bien d’un point de vue sanitaire que pour les tensions communautaires. Les associations, redoutant pour la vie même des migrants, ne cessaient d’y dénoncer des conditions de vie déplorables et l’absence de structures sanitaires.

Jeudi, le préfet d’Ile-de-France Michel Cadot avait parlé de 1600 migrants décomptés dans les quartiers nord de Paris, en promettant qu’une opération de mise à l’abri serait «rapidement» organisée. Selon Pierre Henry, directeur général de France terre d’asile, association chargée des maraudes, le campement grossissait chaque semaine avec «200 personnes supplémentaires». Le 9 mai, un peu plus de 1600 migrants avaient déjà été évacués de campements insalubres installés au même endroit, dans ce qui constituait la plus grosse opération de mise à l’abri en six mois.

Compte tenu de l’accélération des arrivées de migrants dans la capitale, le dispositif d’accueil sature malgré les orientations vers des centres d’hébergement ailleurs en France, qui s’avèrent insuffisantes. Face à cette situation, la maire de Paris a voulu prendre les devants, en court-circuitant le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb, qui prépare actuellement un plan sur l’asile. Jeudi, Annne Hidalgo a envoyé au gouvernement et aux parlementaires une proposition d’une dizaine de pages dans l’optique d’une «loi d’orientation et de programmation pour l’accueil des migrants humanitaires et pour une politique nationale d’intégration». Son projet comporte trois axes: l’accueil des migrants, la politique d’intégration et la refonte des structures de pilotage. Reste à voir lequel des deux projets l’emportera…L’exécutif pourrait bien être tenté de faire la synthèse entre la maire de Paris et le locataire de la place Beauvau.