Un sommet européen sur l'immigration dans un contexte tendu

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AFP PHOTO / JOSE JORDAN

Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement français, a jugé samedi que le sommet européen fin juin, largement consacré à l’immigration, serait « difficile », notamment en raison du « boycott » d’un mini-sommet préparatoire dimanche par des pays d’Europe centrale.
« Sur les propositions qu’a faites le président de la République (…) sur une autorité migratoire européenne, sur le renforcement de Frontex (…) la chancelière allemande a bougé il y a 15 jours », a soutenu le porte-parole sur Europe 1. « Ce sera évidemment au menu des discussions du week-end et du Conseil européen, qui sera difficile la semaine prochaine », a-t-il poursuivi.
La chancelière allemande Angela Merkel a exclu vendredi qu’il puisse y avoir une « solution » européenne sur les migrants au sommet de l’UE des 28 et 29 juin, dont dépend largement sa survie politique. « Pour l’instant, il y a des positions qui sont loin d’être rapprochées », a observé M. Griveaux, déplorant les « positions de boycott » des pays du groupe de Visegrad (Hongrie, Pologne, République tchèque et Slovaquie).
Ces quatre pays d’Europe centrale, favorables à une ligne dure sur l’immigration, ont exclu jeudi de participer à un mini-sommet européen sur le sujet organisé à Bruxelles dimanche, rendant hypothétique l’élaboration d’un consensus souhaité notamment par l’Allemagne et la France au sommet des 28-29 juin.
Selon un document de travail provisoire obtenu par l’AFP, les participants à la réunion prévoient la mise en place d’un « mécanisme de solidarité efficace » avec des quotas de répartition obligatoires des migrants entre les pays membres, un chiffon rouge pour les pays de Visegrad.
« On ne peut pas bénéficier des avantages (de l’Union européenne) sans en respecter les valeurs fondamentales  » de « solidarité entre les pays européens », a lancé le porte-parole du gouvernement, évoquant « une crise de nos valeurs, de notre socle fondamental ». Griveaux a par ailleurs rejeté les accusations contre l’accueil d’un nombre insuffisant de migrants en France. « L’an dernier, nous avons eu 100.000 demandes d’asile, ce sont 32.000 qui ont été acceptées », a-t-il précisé, martelant que « la France prend sa part » en suivant une ligne difficile d' »humanité » et de « fermeté ».
« La gauche vous explique que vous êtes des fascistes, la droite que vous êtes des laxistes », a déploré le secrétaire d’Etat, fustigeant un « discours » qui « fait monter les nationalistes ».