Un mannequin iranien, SDF à Paris, demande l’asile en France

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Negzzia s’est confiée à France 24. Capture d'écran France 24

La jeune femme de 29 ans a fui l’Iran, où elle craint d’être emprisonnée pour des photos dénudées condamnées sévèrement par la République des mollahs. Le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner a déclaré que «l’asile lui sera naturellement proposé».

C’est une première victoire pour Negzzia, qui vit à Paris dans des conditions particulièrement difficiles depuis octobre. Le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, a déclaré que «son dossier [allait être] examiné avec l’attention bienveillante due à sa situation» et que «l’asile lui sera[it] naturellement proposé». Connue sous ce nom de scène destiné à préserver son identité, le mannequin iranien vit un véritable cauchemar depuis plusieurs mois.

Top model dans un pays où la nudité est poursuivie par la Ghast e Ershad (ou «police de la vertu» en persan), la jeune femme de 29 ans a dû quitter Téhéran pour rejoindre la Turquie puis la France. Dans son pays d’origine, sa situation est devenue intenable lorsqu’un photographe iranien pour lequel elle avait travaillé et qui a été arrêté par les autorités iraniennes a dénoncé des photographies interdites de Negzzia, qui, dès lors, «risquait la prison et le fouet a minima», selon son témoignage dans Le Parisien.

 

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Le 13 novembre 2018, elle a pu déposer sa demande d’asile auprès de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) à Paris, où elle a passé un entretien vendredi dernier. En attendant, elle vit difficilement dans la capitale française, où les «amis» qui lui ont proposé de l’aide l’ont rarement fait de façon désintéressée et se révèlent être davantage des prédateurs qu’autre chose, comme elle l’a déclaré sur France 24 et dans le quotidien parisien, où elle raconte cette scène: «On m’a fait rencontrer un Français qui voulait m’aider. Mais rapidement, il est devenu agressif, il voulait en fait faire de moi une strip-teaseuse! J’ai refusé, il m’a insulté: “Tu es une esclave, je te ferai pleurer”, avant de me cracher au visage».

SDF à Paris

Après avoir vécu au jour le jour dans plusieurs hôtels, épuisé ses économies et essayé trois fois de se donner la mort en «se jetant sous un métro», elle a connu la rue. D’abord des bancs, où elle a dormi la nuit. «La journée, elle s’attable à des terrasses chauffées pour emmagasiner un peu de chaleur, et capter un signal wi-fi pour tenter d’exister sur son compte Instagram», raconte le quotidien parisien.

 

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Avec l’hiver, c’est ensuite dans un parking sous-terrain qu’elle dort un temps avant de trouver un hébergement provisoire, qu’elle occupe aujourd’hui. Comme tout demandeur d’asile, la jeune femme reçoit 6,80 euros d’indemnités par jour. «À ses repas, elle privilégie… le sport!», écrit le Parisien. Le mannequin s’est ainsi inscrit dans un club de sport de la capitale.

Elle est aussi accompagnée par un avocat, lui-même d’origine iranienne, Me Sahand Saber: «Elle fait partie de cette multitude d’Iraniens qui nous montrent que ce peuple est loin des slogans extrémistes de ceux qui dirigent le pays, précise l’avocat au barreau de Paris. Ils doivent nous inciter à regarder dans leur direction car ils nous prouvent qu’ils aspirent à vivre librement et dans le respect de valeurs qui nous sont communes.» Un appel qui semble, pour l’instant, avoir été entendu par les autorités françaises.