New York: Le marathon sous haute sécurité une semaine après l’élimination du chef de Daesh

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Des mesures de sécurité draconiennes sont en place pour la 49è édition du marathon de New York, un des plus grands événements sportifs du monde, prévu ce dimanche sur fond de craintes d’éventuels attentats pour venger la mort d’Abou Bakr al-Baghdadi, chef de l’organisation terroriste Daesh, tué dans un raid américain le weekend dernier en Syrie.

L’édition 2019 du marathon de la Big Apple verra la participation de 51.000 coureurs issus de 125 pays, alors que 2,5 millions de spectateurs sont attendus le long du parcours. Un véritable casse-tête logistique et de sécurité pour les autorités de cette métropole de 8,6 millions d’habitants.

Cette année, ce prestigieux évènement sportif intervient en effet dans un contexte sécuritaire particulier, une semaine jour pour jour après l’élimination par un commando américain du chef de Daech. De ce fait, les autorités de la ville craignent des attentats en représailles, d’autant plus que New York a toujours été une cible des terroristes.

Lors d’une conférence de presse récemment, le chef de la police newyorkaise (NYPD), James O’Neill, a reconnu « l’énormité du défi » d’assurer la sécurité d’une course longue d’une quarantaine de kilomètres.

 

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Le Marathon débute, en effet, sur l’île de Staten Island et se termine 40 kilomètres plus loin à Central Park à Manhattan, en passant par les quartiers de Brooklyn, Queens et le Bronx. Les milliers de coureurs engagés arpenteront plusieurs grandes avenues et ponts de la ville avant d’atteindre la ligne d’arrivée.

Mais la NYPD semble ne laisser rien au hasard. « Nous veillerons à ce que les artères menant au parcours du marathon seront toutes bloquées et sécurisées », a assuré M. O’Neill.

Même s’il n’existe aucune menace terroriste spécifique ciblant le marathon, une batterie de mesures de sécurité est prévue par abondance de précaution.

Ainsi, des centaines d’éléments antiterroristes lourdement armés vont sillonner tout le parcours de la course munis de détecteurs de radiation et de chiens renifleurs de bombes. La NYPD déploiera également des hélicoptères de soutien aérien et des zodiaques pour patrouiller les rivages de l’île de Manhattan, en plus de centaines de policiers, en uniforme et en civil, et des tireurs d’élite placés sur les toits dans les cinq boroughs de la ville d’où passera le marathon.

« Nous allons contrôler les coureurs et leurs sacs de sport dès leur arrivée sur les lieux. Cela fait partie d’une procédure que nous utilisons depuis plusieurs années », a indiqué, de son côté, l’adjoint du chef de la NYPD, John Miller.

« Des éléments en civil seront parmi la foule et derrière les barrières de sécurité pour détecter si quelqu’un se comporte de manière suspecte. Ce sont des leçons que nous avons tirées de (l’attentat) contre le marathon de Boston et d’autres expériences », a-t-il dit.

En 2013, un double attentat à la bombe avait visé le marathon de Boston, faisant trois morts et plus de 260 blessés. Les auteurs, deux jeunes frères, avaient dissimulé des bombes dans des sacs de sport en se faisant passer pour des participants au marathon.

Des camions épandeurs de sable et d’autres véhicules supplémentaires seront aussi placés sur les intersections stratégiques le long du parcours du marathon de New York pour barrer la voie à d’éventuels véhicules béliers.

Le scénario d’une attaque à la voiture bélier est aussi parmi les craintes des autorités de la ville. En 2017, un attentat revendiqué par Daesh avait fait huit morts et une douzaine de blessés lorsqu’un camion pick-up a foncé sur des passants le long d’une piste cyclable à Manhattan. Il s’agit de l’attentat le plus meurtrier à toucher New York depuis les attaques du 11 septembre 2001.