Migrants: des centres de rétention « utilisés à plein régime » en France en 2018

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Crédits: Ouest-France

Les centres de rétention ont été « utilisés à plein régime » en France en 2018, avec « une détérioration des droits » des étrangers enfermés dans l’attente de leur éventuelle expulsion, soulignent des associations françaises dans un rapport publié mardi.

« L’année 2018 a été marquée par une utilisation importante de l’enfermement des personnes étrangères en centres de rétention administrative » (CRA), assurent les associations habilitées à intervenir dans ces CRA dans leur rapport annuel.

« La France demeure le pays européen qui a le plus recours à l’enfermement des personnes étrangères en vue de les éloigner », déplorent-elles.

Au total, 45.851 personnes ont été placées en rétention l’an dernier (dont 26.614 en France métropolitaine), contre 46.800 en 2017, soulignent ces associations, qui dénoncent un « usage quasi systématique de la rétention par de nombreuses préfectures ».

 

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Le gouvernement français a décidé l’an dernier « d’accroître très fortement la capacité de ces lieux de privation de liberté » avec 480 places supplémentaires en France métropolitaine (portées à 1.549). Un tel développement « n’avait plus été constaté depuis plus d’une décennie », assurent les associations (Assfam-Groupe SOS, ForumRéfugiés-Cosi, France Terre d’Asile, Cimade, Ordre de Malte, Solidarité Mayotte).

De plus, « les préfets ont reçu pour instruction de remplir davantage les CRA », et « cet usage intensif de la rétention s’est encore accentué au second semestre et a généré des conséquences graves pour les personnes enfermées », selon le rapport.

En effet, « la grande promiscuité, conjuguée à l’enfermement de personnes en grande précarité ou affectées de troubles psychologiques pour certaines, ont abouti à des tensions très fortes », ajoute-t-il.

La durée moyenne de rétention a « sensiblement » augmenté l’an dernier à 14,6 jours. Mais « le nombre de personnes enfermées durant plus de 30 jours a explosé, passant de 2.468 en 2016 à 4.432 en 2018 », ajoute le rapport.

Les associations redoutent une aggravation de cette tendance en 2019 avec l’entrée en vigueur, le 1er janvier en France, d’une loi asile-immigration, qui a doublé de 45 à 90 jours la durée maximale de la rétention.

 

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Par ailleurs, l’année 2018 « a été à nouveau marquée par un nombre élevé de familles avec enfants enfermés en rétention » — 1.221 enfants à Mayotte, et 114 familles comptant 208 enfants en France métropolitaine, ajoute le rapport.

La rétention des mineurs avait créé des tensions jusque dans la majorité en France lors de l’examen du controversé projet de loi asile-immigration.