Liban: des militaires à la retraite tentent de prendre d’assaut le siège du gouvernement

146
DR.

Des centaines de militaires à la retraite ont manifesté lundi dans le centre de Beyrouth et tenté de prendre d’assaut le siège de la présidence du gouvernement, sur fond d’une possible baisse de leurs pensions dans le cadre d’un budget d’austérité en cours d’adoption.

Depuis fin avril, le gouvernement libanais examine un projet de budget qualifié par le Premier ministre, Saad Hariri, de « plus austère » de l’histoire contemporaine du pays.

Les réformes annoncées ou ayant fuité dans les médias locaux ont vite suscité une levée de boucliers notamment parmi les fonctionnaires, dont les salaires risquent d’être revus à la baisse.

Le projet prévoit, entre autres, une diminution de 3% des salaires des retraités des institutions sécuritaires et une révision des modalités de calcul de leur retraite.

Lundi, certains manifestants ont franchi de force les barbelés les séparant du Grand Sérail, où le Conseil des ministres tenait une 17e réunion pour poursuivre leurs discussions sur le budget.

Les forces de sécurité ont alors eu recours à des canons à eau pour les disperser, faisant un blessé, selon l’agence nationale ANI.

D’après la même source, un des retraités a tenté de s’immoler par le feu avant d’en être empêché par d’autres manifestants.

« Les droits des militaires sont acquis et il n’est pas acceptable d’y toucher », a lancé l’un d’eux sur une TV locale.

« Ils menacent notre gagne-pain après qu’on a servi notre nation des années durant », a-t-il ajouté.

Lire aussi: Un chauffeur Uber avoue le meurtre d'une Britannique à Beyrouth

Un général à la retraite a dit regretter la confrontation entre les retraités et les forces de sécurité.

« C’est la première fois que des militaires font face à des militaires », a-t-il déploré.

En début d’après-midi, une délégation de manifestants a rencontré le ministre de la Défense, Elias Abou Saab, qui a promis des « garanties », selon un porte-parole du mouvement.

Le Liban s’était engagé à adopter des réformes structurelles et effectuer des coupes budgétaires lors d’une conférence internationale parrainée en avril 2018 par Paris (CEDRE), en contrepartie de promesses de prêts et de dons à hauteur de 11,6 milliards de dollars.

Au niveau budgétaire, il doit réduire le déficit public, alors que la dette du pays culmine à plus de 85 milliards de dollars, soit 152% du PIB.

La croissance économique au Liban s’est tassée à 0,2% en 2018, selon le Fonds monétaire international (FMI), à l’ombre du conflit en Syrie voisine et du recul des investissements.