Italie : un navire humanitaire accoste de force à Lampedusa

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L’ONG Mediterranea, qui a affrété le navire, justifie son entrée dans le port de l’île italienne par les conditions «d’hygiène intolérables» qui règnent à bord. Une quarantaine de migrants s’y trouvaient.

Un navire humanitaire, l’Alex, avec 41 migrants à bord, a accosté de force samedi 6 juillet dans le port de l’île italienne de Lampedusa, après le Sea-Watch la semaine dernière, défiant la politique des ports fermés voulue par le ministre de l’Intérieur Matteo Salvini. D’importantes forces de police attendaient l’Alex, affrété par le collectif italien de gauche et d’extrême gauche Mediterranea.

 

 

À son arrivée, personne n’est descendu du voilier de 18 mètres qui attendait depuis deux jours en mer. «Compte tenu des conditions d’hygiène intolérables à bord, l‘Alexa déclaré l’état d’urgence et vogue vers Lampedusa, le seul port de débarquement sûr possible», avait tweeté plus tôt dans la journée Mediterranea.

Matteo Salvini avait pourtant refusée l’entrée du navire à Lampedusa. Il a affirmé, sur Twitter, que des couvertures, de la nourriture et 400 litres d’eau potable ont été livrés au bateau, mais que cette aide a été refusée par l’équipage. «Ils refusent l’eau pour pouvoir déclarer l’état d’urgence à bord et briser le blocus: ils espèrent l’impunité», a encore lancé le leader d’extrême droite.

Le bateau a décliné une offre d’accueil émise par Malte au motif que ce long trajet serait trop dangereux pour les passagers.

Un autre navire, l’Alan Kurdi (du nom du petit Syrien retrouvé noyé en Turquie en 2015), transportant 65 migrants, se trouvait toujours, au moment où l’Alex accostait, au large de l’île italienne.

La semaine dernière, les autorités italiennes ont saisi à Lampedusa un navire d’une ONG allemande, le Sea-Watch 3, et arrêté sa capitaine, Carola Rackete, qui avait accosté de force pour débarquer 40 migrants secourus en mer et bloqués à bord depuis plus de deux semaines.