Gaza, territoire palestinien ravagé par les guerres et la pauvreté

114
Crédit: DR.

La bande de Gaza, contrôlée par le mouvement islamiste Hamas, est une enclave palestinienne pauvre et surpeuplée, soumise depuis une décennie par Israël à un sévère blocus terrestre, aérien et maritime.
Des dizaines de milliers de Palestiniens ont entamé le 30 mars une « grande marche du retour », prévoyant des rassemblements et campements durant six semaines à la frontière entre Israël et la bande de Gaza.
– Territoire exigu –
La bande de Gaza est limitée au nord et à l’est par le territoire israélien, à l’ouest par la Méditerranée et au sud par l’Egypte.
L’enclave palestinienne est un territoire exigu de 362 km2, long de 41 km, large de 6 à 12 km. S’y entassent deux millions de Palestiniens, soit l’une des plus fortes densités de population au monde.
Après la guerre de 1948-1949, qui a éclaté au lendemain de la proclamation de l’Etat d’Israël, Gaza passe sous administration égyptienne, mais ne sera jamais annexée.
En juin 1967, le territoire palestinien est occupé par Israël.
Les accords d’Oslo en 1993 établissent l’Autorité palestinienne, qui va exercer sa souveraineté sur 67% du territoire, les 33% restants étant occupés par les implantations juives, où les colons vivent sous haute protection, et les zones militaires.
– Enfermement –
Le 12 septembre 2005, l’armée israélienne retire son dernier soldat dans le cadre d’un plan de désengagement, après l’évacuation de milliers de colons israéliens.
En juin 2006, Israël –qui considère le Hamas comme groupe « terroriste » à l’instar des Etats-Unis et de l’Union européenne– impose un blocus terrestre, aérien et maritime à l’enclave après l’enlèvement d’un soldat (libéré en 2011).
Il le renforce en 2007 lorsque le Hamas s’empare du pouvoir à Gaza après des combats fratricides avec le parti Fatah qui domine l’Autorité palestinienne. Le coup de force du mouvement islamiste est intervenu après le limogeage par le président Mahmoud Abbas du gouvernement dirigé par le Hamas.
Fin mai 2010, des commandos israéliens mènent un assaut meurtrier contre un navire turc faisant partie d’une flottille chargée d’aide humanitaire pour tenter de briser le blocus.
Par ailleurs, depuis que l’armée égyptienne a destitué en 2013 le président islamiste Mohamed Morsi, Le Caire maintient fermé de manière quasi-permanente l’unique ouverture sur le monde des Gazaouis qui ne soit pas aux mains d’Israël, à Rafah.
– 45% de chômage –
Selon la Banque mondiale, le blocus a entraîné une chute de plus de 50% du PIB de l’enclave.
Dépourvue de ressources naturelles, Gaza souffre d’une pénurie chronique d’eau et de carburant. Le chômage s’élève à 45%, et plus des deux tiers de la population dépend de l’aide humanitaire.
L’accord de réconciliation d’octobre 2017 entre le Hamas et l’Autorité palestinienne a suscité un espoir de voir s’améliorer les conditions de vie mais les discussions sont actuellement au point mort.
En janvier 2018, l’envoyé spécial de l’ONU a prévenu que Gaza était au bord « d’un effondrement total ».
Une conférence de donateurs a donné en mars son feu vert à un projet d’usine de dessalement pour alimenter en eau douce la bande de Gaza.
Plus de 95% de l’eau y est impropre à la consommation en raison du pompage excessif de la nappe aquifère.
– Opérations israéliennes –
Du 27 février au 3 mars 2008, Israël lance l’opération « Hiver chaud » après la mort d’un Israélien par un tir de roquette palestinien. Plus de 120 Palestiniens sont tués. Les violences continuent, tirs de roquettes et attaques israéliennes, faisant des centaines de morts palestiniens jusqu’à la conclusion en juin d’une trêve.
Le 27 décembre 2008, Israël lance une vaste offensive aérienne puis terrestre pour mettre fin aux tirs de roquettes (opération « Plomb durci »). Le 18 janvier 2009, un cessez-le-feu met fin à l’opération. 1.440 Palestiniens et 13 Israéliens ont été tués.
Le 14 novembre 2012, l’armée israélienne lance l’opération « Pilier de défense » avec un assassinat ciblé, celui du chef militaire du Hamas. En huit jours de frappes aériennes intensives, 174 Palestiniens meurent, dont une centaine de civils. Six Israéliens, dont quatre civils, sont tués.
Le 8 juillet 2014, Israël lance l’opération « Bordure protectrice » dans le but de faire cesser les tirs de roquette et détruire les tunnels creusés depuis l’enclave palestinienne. La guerre fait 2.251 morts côté palestinien, en très grande majorité des civils, et 74 morts côté israélien, quasiment tous des soldats.