France: un maire refuse l'inhumation d'une convertie dans le carré musulman

Cathy Rehner, disparue en mai 2016 et dont la dépouille a été retrouvée en juin dernier près d’un cours d’eau dans une forêt à Vogüé (Ardèche), n’a toujours pas été inhumée. La cause? Le maire d’Aubenas refuse de l’enterrer dans sa commune alors que ses proches souhaitent l’inhumer dans le carré musulman de la ville.
Le 9 mai 2016, alors qu’elle se rendait à un rendez-vous professionnel, Cathy, aussi appelée Sara, se fait enlever et tuer par son ex-compagnon. Son corps n’est retrouvé que deux ans après, à la suite d’une garde-à-vue de cinq hommes dont son ex-compagnon qui confie alors des éléments contradictoires avec ses premières déclarations.
Il est maintenu en garde-à-vue et les autres prévenus sont remis en liberté sans qu’aucune charge ne soit retenue à leur encontre. Finalement, le coupable présumé avoue l’endroit où il a enterré le corps de Cathy, il est mis en examen et écroué.

 
Conflit autour du lieu de l’enterrement
Après avoir subi plusieurs examens autoptiques à l’institut médico-légal de Nîmes, le corps de la défunte doit être rendu à ses parents qui ne savent toujours pas où sera enterrée leur fille. En effet, ils souhaitent, en accord avec le mari, inhumer Cathy qui était convertie à l’islam au carré musulman du cimetière d’Aubenas. Mais le maire refuse cette option.
C’est une double peine pour la maman, Chantal Rehner, qui rappelle en pleurs à nos confrères de France 3 Auvergne Rhône-Alpes que la jeune fille avait déménagé à Marseille seulement un mois avant sa disparition le 9 avril 2016, qu’elle était née à Aubenas, y avait vécu et travaillé dix ans. Elle implore une dérogation ou toute mesure pouvant débloquer la situation.
 

Ce que dit la loi

Selon la loi, pour être enterré à Aubenas (ou toute autre commune), il faut y être résident, y être décédé ou qu’il y ait déjà un caveau familial dans la commune. Dans le cas contraire, l’accord du maire est obligatoire et son refus doit être motivé soit par un manque de place soit par le risque d’un trouble à l’ordre public. C’est ce que prévoit en effet le CGCT (Code général des collectivités territoriales).
Ainsi, on aurait répondu à la mère Rehner que sa fille «ne rentre pas dans les critères» pour être inhumée dans le carré musulman d’Aubenas. Dans une déclaration au site Le Muslim Post, elle confie ses interrogations au sujet des motivations réelles du maire à persister dans son refus: «A t-il quelque chose contre les musulmans ? C’est légitime de se poser la question». Dans cette affaire, le maire Jean-Yves Meyer, n’a toujours pas souhaité s’expliquer auprès des médias.